Bruxelles: une statue dédiée aux victimes d'abus sexuel au sein de l'Eglise

A l'initiative de victimes, du groupe de travail Mensenrechten in de Kerk et en collaboration avec le cardinal Jozef De Kesel, une cérémonie d'installation de l'œuvre "Esse est Percipi" (Exister c'est être reconnu), dédiée à la mémoire de toutes les victimes d'abus sexuel commis au sein de l'Eglise, s'est tenue samedi à 11h00 en la Basilique de Koekelberg.

Enfance blessée et fragilité 

Plus de 150 personnes ont pris part à cette inauguration, parmi lesquelles de nombreux représentants de l'Eglise. Offerte par les victimes et leurs proches, la statue représentant une petite robe d'enfant a été dévoilée en milieu de cérémonie. A l'image de celles d'Anvers et de Bruges, cette oeuvre symbolise l'enfance blessée et la fragilité.

Linda Opdebeeck, présidente du groupe de travail sur les Droits de l'Homme dans l'Eglise (De Werkgroep Mensenrechten in de Kerk), et un homme issu de l'association ont témoigné aux noms des victimes. Si le début de leur rencontre avec le monde de l'Eglise a été traumatisante, ils ont tenu à apprécier la prise de conscience progressive de la gravité des faits par l'Eglise, qui leur a permis de s'engager dans un chemin de réconciliation.

L'évêque de Tournai Guy Harpigny a remercié les victimes d'avoir insisté jusqu'à être entendues car cela lui a permis de sortir d'une forme de déni et de ne plus continuer à vivre comme s'il ne savait pas. "Le récit de leurs souffrances témoigne de la douleur d'être détruite par quelqu'un qui trahit son engagement pris devant Dieu et l'Eglise. Le récit de leur souffrance souligne la dureté de la loi du silence qui leur fut imposée." Le cardinal Jozef De Kesel est revenu sur le travail effectué, notamment avec la Commission parlementaire, autour des faits prescrits pour lesquels l'Eglise est et se sent moralement responsable.

Résister à une culture du silence

"Nous avons pu reconnaître le mal qui leur est fait. Nous avons pu demander pardon. On a pu donner une réparation, signe, indispensable, de notre reconnaissance qui autrement risque de n'être que de vaines paroles". Il a conclu son discours, en souhaitant "que cette journée soit vraiment le moment de reconnaissance et de mémoire pour les victimes d'abus sexuels dans l'Eglise et de notre volonté de résister à une culture du silence et de l'étouffoir pour nous engager à tout faire pour que cela n'arrive plus".

L'après-midi, des victimes et des responsables de l'Eglise s'entretiendront en petits groupes pour prolonger le travail accompli dans le futur.

Si Bel RTL rapporte que des victimes se sont offusquées de ne pas avoir été conviées, Tommy Scholtès, porte-parole de la Conférence épiscopale, explique que des invitations ont été lancées par l'intermédiaire du groupe de travail sur les Droits de l'Homme, mais que l'Eglise était limitée par la confidentialité des coordonnées de contact. L'annonce a en conséquence été faite par voie de presse, afin de permettre à toute victime désireuse de prendre part à l'événement de s'inscrire gratuitement.

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