Bruxelles, Tournai... la solidarité s'organise autour des candidats réfugiés

La Croix-Rouge aménage l'ancienne caserne militaire Saint-Jean à Tournai.
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La Croix-Rouge aménage l'ancienne caserne militaire Saint-Jean à Tournai. - © RTBF

Ils sont des dizaines à avoir passé la nuit dehors - cette nuit encore - dans le petit parc à côté de l'Office des Étrangers, à Bruxelles. Ils attendent de pouvoir déposer leur demande d'asile. L'Office des Étrangers est débordé.

La Ville de Bruxelles vient d'installer quelques tentes pour les migrants. Le gouvernement fédéral en propose d'autres. Mais les migrants peuvent surtout compter sur l'aide de citoyens.

Houssein a déjà passé plusieurs nuits dehors. Mais cette fois, ce jeune Irakien dormira sous une tente familiale avec quatre autres hommes. Une tente que des particuliers sont venus leur apporter. "Dimanche, il faisait un peu plus chaud. Ça ne me dérangeait pas de dormir dehors. Maintenant, il fait froid et il pleut…"

Maria a pris l'habitude de passer ici le soir. Elle propose d'accueillir quelques personnes chez elle pour la nuit. "Franchement, au début, ça me faisait quand même un tout petit peu peur. Ce sont quand même tous des hommes. Je suis une femme seule. Je me suis dit que ce sont tous des gens qui fuient des trucs affreux. Je fais à manger, on boit un thé. Souvent, ils sont fatigués. Ils veulent une douche. Alors, on reste couché. Ça se passe super bien."

Gilbert, lui, a mobilisé son groupe d’amis. Ils vont de tente en tente, et dressent une liste des besoins : sous-vêtements, rasoirs ou brosses à dents. "On a amené des bâches et des cordages pour rafistoler les tentes qui sont un peu bancales et pour faire des abris avec les bâches."

Sur une table du parc, quelques marmites fumantes. Kaoutar et sa famille ont passé toute la soirée derrière les fourneaux. Des réfugiés s'avancent encore timidement vers elle. "Des petits sandwiches, de la soupe, on fait ce qu’on peut parce que la situation nous touche vraiment. On a envie d’agir. On a envie de montrer qu’on est là."

Une feuille de papier circule. Ces particuliers y notent leur nom, leur adresse mail. Leur projet : créer une page Facebook pour mieux coordonner les bonnes volontés.

Soirée très spéciale également à la caserne Saint-Jean à Tournai

Les 87 premiers candidats réfugiés sont arrivés à la caserne Saint-Jean : beaucoup de jeunes hommes, mais aussi des familles. De nombreux bénévoles, encadrés par la Croix-Rouge, se sont affairés toute la semaine pour préparer cet accueil. D'ailleurs, un fameux comité les attendait : une centaine de Tournaisiens s’étaient rassemblés dans cette caserne militaire, une caserne transformée, en l’espace de quelques semaines, en centre d’accueil pour candidats réfugiés.

La Croix-Rouge et les bénévoles ont préparé des espaces confortables, des chambres, un grand réfectoire décoré avec des fleurs. Des fleurs que les Tournaisiens ont apportées de leurs jardins. Des gâteaux, du thé, du café sont offerts en guise de bienvenue. Toutes ces marques de sympathie émeuvent ces hommes et ces femmes venus pour la plupart de Syrie et d’Irak, au terme d’un long voyage.

"Je vous remercie encore et ils disent 'vous êtes des gens vraiment bien'. Ils ne s’attendaient pas à un tel accueil (…) Mais, dites-leur bien que ce n’est pas tous les jours comme cela."

Evelyne Thonnier (de la Croix-Rouge) nous explique encore que "pas mal de résidents ont parfois mis des semaines, voire des mois, entre leur pays d’origine et l’arrivée, en passant par des pays de transit avec toutes sortes de trafics, de rançons dont ils sont victimes."

La fatigue se marque sur les visages. Certains n’ont plus dormi depuis des jours, mais les enfants trouvent les poupées, les jouets, les ballons. Un jeune homme se lève, sourit et se met à jouer au foot avec une petite fille, l’image de la vie qui reprend.

Notez que la Croix-Rouge continue à aménager cette caserne : 530 places devraient être disponibles à la fin du mois.

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