Bruxelles: le commerce des montres est de retour au centre-ville

Bruxelles: le commerce des montres sont de retour au centre-ville
Bruxelles: le commerce des montres sont de retour au centre-ville - © Tous droits réservés

Rue au Beurre, dans le quartier de la Bourse. Le coin est peuplé d’horlogers. Des familles comme De Greef ou De Witt y ont une boutique depuis plusieurs générations. Historiquement le quartier était d’ailleurs habité uniquement par des bijoutiers et joailliers. Depuis quelques mois une nouvelle enseigne les a rejoints : le Megastore Swatch, inauguré ce 10 mars.

Des risques de concurrence?

Sur ce point, tous sont unanimes: pas de concurrence négative, au contraire! De l’avis général, le nouveau venu permettra de brasser un nouveau public, qui passera immanquablement devant leurs magasins.

De plus aucune comparaison ne semble possible au vu des différences entre les produits proposés. Swatch possède une gamme de luxe, dont les prix peuvent atteindre quelques milliers d’euros, mais ce type de modèle reste exceptionnel pour la marque. La majorité des montres vendues chez Swatch ont un prix accessible pour le grand public.

Brice Wittmann de la maison De Greef nous explique: "Nous ne jouons pas du tout dans la même catégorie (…) Swatch est un gros acteur, ils vont amener des gens qui, peut-être, iront chez nous et vice-versa. C’est une marque très dynamique qui peut amener les jeunes ou les personnes qui sont intéressées par les montres à arriver ensuite dans notre segment d’horlogerie."

De Greef ne vend d’ailleurs aucune montre Swatch. De Witt bien, mais les modèles proposés ne représentent qu’un petit échantillon du choix de montres du magasin. Il est donc probable qu’il y aura concurrence pour ces quelques modèles, mais l’enseigne ne craint pas pour sa survie.

Des publics différents et des budgets différents, cela se voit notamment dans le design des magasins. Porte vitrée et murs blancs, sol en plastique et musique à la mode, le Megastore Swatch semble viser une clientèle jeune et populaire. Au contraire dans les autres enseignes de la rue c’est sas d’entrée, moquette foncée et vendeurs en costume.

Vers une gentrification du quartier?

Mais l’arrivée de ce nouvel acteur dans la rue peut être vue sous un autre angle. Le quartier est à deux pas de la Grand-Place et regorge donc de boutiques souvenirs et magasins pour touristes. Certains déplorent cette abondance, et voient dans l’arrivée de Swatch une occasion de changer l’image du lieu.

"Niveau magasin touristique, on en a 4-5 sur 100 mètres, je crois que ce n’est pas nécessaire. Si on pouvait redorer un peu le quartier c’est vrai que ce serait pas mal", déclare un commerçant.

Si des grandes marques comme Swatch s’implantent là, c’est au détriment de boutiques souvenirs et autres magasins moins "haut de gamme".

Un phénomène déjà observé dans plusieurs quartiers bruxellois, tels que celui autour de la rue Dansaert. Des bars branchés et des boutiques tendances avaient soudainement changés le visage du lieu, faisant augmenter les prix des loyers. Conséquences en chaine, des familles avaient été forcées déménager, remplacées par d’autres, plus aisées. Une forme de mutation sociale qui pourrait faire des perdants du côté de la rue au beurre.

 

 

 

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