Bruxelles : les grévistes de la faim refusent jusqu’ici tout soutien psychosocial individuel

Comment, à la fois, éviter un drame humanitaire et sortir du guêpier politique ? Le Secrétaire d’État à l’Asile et la Migration, Sammy Mahdi est bien conscient du risque que représente la grève de la faim, menée par 430 sans papiers depuis le 23 mai dernier. Soutenue par le gouvernement fédéral, sa ligne politique n’a pas varié jusqu’ici : pas question d’accorder un droit de séjour général pour l’ensemble des grévistes. Seul, un examen au cas par cas des dossiers est envisagé. Pour informer individuellement les grévistes de la faim sur leur situation personnelle, Sammy Madhi annonçait ce lundi avoir solliciter le CAW Bruxelles pour leur fournir un soutien psychosocial, même si, reconnaissait-il, aucun travail jusqu’ici, n’a réellement pu être entamé avec les grévistes.

Ils ne veulent pas discuter individuellement de leur situation personnelle

Cet après-midi, le CAW, asbl néerlandophone spécialisée dans l’accompagnement social, reconnaissait la complexité de la situation. L’association a été approchée, il y a plusieurs jours, à la fois par la VUB et par le cabinet de Sammy Madhi pour apporter un réconfort psychologique et une aide sociale aux sans papiers. "Notre travail implique de les recevoir individuellement dans un local séparé", précise la responsable du projet. "Mais pour le moment, les grévistes refusent tout contact personnel". La démarche est-elle trop tardive ? Peut-être. Est-elle perçue comme une façon de diviser le groupe pour casser le mouvement ? Probablement. Leur force, ils la puisent dans l’action commune. Comment y renoncer après 45 jours de grève de la faim, alors qu’ils sont épuisés et que leur santé vacille dangereusement.

La régularisation pour tous, sinon rien

Contacté par la RTBF, Mohammed, l’un des porte-parole des grévistes, confirme leur seule et unique revendication : "Nous voulons des papiers pour tous les grévistes". Désormais, ils placent leurs espoirs entre les mains du Premier ministre Alexander De Croo, à qui ils auraient d’ailleurs écrit ce lundi.

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