Bruxelles: des dockers anversois font déraper la manifestation anti-austérité

Les manifestants se sont rassemblés à Bruxelles ce vendredi entre 11h et 15h, pour la première euromanifestation de l'année 2014.

La manifestation européenne était organisée pour réclamer une "nouvelle voie pour l'Europe" via des investissements, une croissance durable et des emplois de qualité et pour dire "stop" au dumping social.

Le cortège a démarré vers 11h du boulevard Albert II (gare du Nord) et les premiers manifestants sont arrivés vers midi au Cinquantenaire. Des militants de toute l'Europe étaient présents, réclamant une Europe plus sociale. "Mesures d'austérité = pauvreté durable", "People, not profit", mentionnaient entre autres les calicots.

La jeunesse était aussi au rendez-vous, car le chômage des jeunes figurait au centre des inquiétudes et revendications. Leurs slogans témoignaient de la situation en Europe: "Stop Youthanasia", "les jeunes sont nécessaires" ou encore "L'avenir de la jeunesse est en deuil".

Huit personnes évacuées vers des hôpitaux

Si la majeure partie de la manifestation s'est déroulée dans le calme, quelques incidents ont opposé participants et forces de l'ordre. Des heurts ont ainsi eu lieu entre les policiers et les dockers d'Anvers et de Gand, qui se sont désolidarisés en prenant la tête du cortège dès le départ.

Selon la porte-parole de la police de Bruxelles-Ixelles, Ilse Van de Keere, trois policiers ont été blessés par des jets de projectiles, un à la tête, un à la jambe et un dans le bas du corps.

Deux véhicules de police ont été endommagés. Du mobilier urbain du quartier Schuman a été arraché pour servir de projectile et des vitres ont été cassées.

Les forces de l'ordre ont dû faire usage de gaz lacrymogène et d'autopompes, pour éteindre un feu bouté par les manifestants et repousser plusieurs d'entre eux. Des altercations ont encore été notifiées à hauteur des barrages policiers sur la petite ceinture, notamment devant la résidence du Premier ministre.

Selon le responsable de la Croix-Rouge sur place, huit personnes ont été évacuées vers des hôpitaux. D'après les premiers éléments médicaux, aucune d'elles n'est en danger. A ce chiffre s'ajoutent 16 manifestants qui ont été soignés sur place.

Vers 13h, 27 représentants syndicaux de Belgique, France, Allemagne, Portugal, Espagne, Pologne, République tchèque, Croatie et Slovénie ont pris la parole pour défendre les changements qu'ils préconisent pour l'Europe. "Nous voulons investir pour l'avenir de l'Europe, pour notre Europe. Avant qu'il ne soit trop tard, l'Europe doit prendre une autre direction", a déclaré Bernadette Ségol, secrétaire générale de la CES.

La FGTB a de son côté défendu un "virage à gauche pour une Europe sociale". Anne Demelenne, secrétaire générale, s'est fermement opposée aux exclusions du chômage. "Nous devons inverser la vapeur et nous avons une opportunité historique dans deux mois, aux élections européennes, d'envoyer un message clair", a clamé Marie-Hélène Ska, secrétaire générale CSC.

"Nous disons stop à cette Europe qui paupérise la population", a affirmé de son côté Olivier Valentin, secrétaire national CGSLB.

Gros embarras de circulation

La manifestation a causé d'importants embarras de circulation, principalement dans le centre-ville, à la suite notamment de la fermeture des tunnels.

Bruxelles Mobilité craignait vendredi après-midi que la situation ne soit pas rétablie pour l'heure de pointe et conseillait aux automobilistes d'éviter la zone et le quartier européen.

Les TEC ont été perturbés, à des intensités différentes selon les régions. Au niveau du réseau TEC Liège-Verviers, 60% des services ont été touchés vendredi. La situation ne devrait pas s'améliorer en soirée et le TEC invite donc les usagers à prendre leurs dispositions. A Charleroi, seuls 30% des trams et bus circulaient vendredi matin. Les usagers peuvent suivre l'évolution de la situation sur le site www.infotec.be.

Le syndicat des transports (UBT) a enfin mené une action vendredi matin dans sept zonings du pays dans le cadre de la manifestation. L'UBT est satisfaite du déroulement de l'action menée, a indiqué son secrétaire fédéral, Frank Moreels.

Des militants du syndicat ont érigé des barrages filtrants dans sept zonings, quelques heures avant le début de la manifestation européenne à Bruxelles. "Nous avons eu des réactions positives de la part des passants", a-t-il ajouté. "Ils ont réagi de manière enthousiaste. Les gens semblent concernés par ce phénomène dans le secteur du transport."

"L'action de ce matin a causé quelques embarras, mais l'objectif de l'opération n'était pas de bloquer la circulation" a précisé le secrétaire fédéral de l'UBT.

Le syndicat a déjà prévu d'autres actions. "Le 15 mai, nous remettrons une pétition contre le dumping social au commissaire européen en charge du transport, Siim Kallas. Même si John Crombez et Monica De Coninck ont pris un certain nombre de mesures, nous craignons qu'il n'y ait pas d'amélioration immédiate".

Les actions se sont tenues dans les zonings de Brucargo Zaventem, Genk-Sud, au Skaldenpark de Gand, à Grâce Hollogne, Mouscron, Nivelles et Puurs entre 06h30 et 10h00.

Belga, RTBF

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK