Bruxelles: début du procès des assassins de Kitty Van Nieuwenhuysen

Un policier à l'entrée du procès.
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Un policier à l'entrée du procès. - © Un policier à l'entrée du procès.

Trois hommes sont dans le box des accusés des Assises de Bruxelles, poursuivis pour avoir tué la jeune policière de 24 ans, alors qu'ils venaient de commettre un vol avec violence dans une habitation. C'était en décembre 2007 à Lot, dans la commune de Beersel près de Bruxelles.

Dans le box de la Cour d'assises de Bruxelles Capitale, trois hommes doivent répondre des accusations de meurtre, de tentative de meurtre, de home-jacking et de vol avec violence. Trois hommes que le Parquet général tient pour responsables de la mort de la jeune policière, Kitty Van Nieuwenhuysen. C'était dans la nuit du 3 au 4 décembre 2007.

Ce jour-là, avec son collègue Peter Van Stalle, Kitty Van Nieuwenhuysen est en patrouille dans les rues de Beersel. Ils aperçoivent alors une voiture que l'on abandonne et des jeunes gens qui s'enfuient. Alors qu'ils s'en approchent, ils vont essuyer des tirs à la kalachnikov. L'inspecteur Van Stalle est blessé, Kitty Van Nieuwenhuysen, 24 ans, est touchée mortellement.

ADN

Les accusés avaient été confondus par leur ADN. L'avocat général Bernard Dauchot est revenu, dans la lecture de son acte d'accusation, sur les nombreuses expertises ADN et les comparaisons menées par l'INCC (Institut National de Criminologie et de Criminalistique).

La police avait dirigé très rapidement son enquête vers la région de Charleroi d'où semblaient provenir les auteurs. La voiture avec laquelle les auteurs étaient arrivés à Lot avait été volée dans un garage à Thuin. La voiture volée aux victimes du homejacking avait été retrouvée quant à elle calcinée dans un bois de Goutroux.

Les enquêteurs avaient ensuite appris d'informateurs que les auteurs du homejacking pouvaient être six hommes parmi lesquels les trois accusés. Il s'agissait d'individus déjà condamnés pour des faits de grand banditisme. Les enquêteurs avaient pu alors disposer de leurs profils ADN et demander des comparaisons.

Des empreintes ADN des trois accusés avaient été décelées sur des outils trouvés dans le coffre de la voiture volée à Thuin.

Nouredine Sheikinir, Galeb Kouroum et Hassan Yassir ont toujours nié être les auteurs et contestent les éléments de preuve apportés par l'accusation. D'ores et déjà, on sait que les débats seront longs : ils dureront 6 à 8 semaines.

Soulagement

Ismaël Saccoor, la troisième victime de la fusillade à Lot, s'est dit soulagé par l'ouverture lundi à Bruxelles du procès en assises relatif au meurtre de Kitty Van Nieuwenhuysen. L'homme de 57 ans s'est exprimé avant le procès. Il avait été blessé par balle à son domicile en se défendant contre les trois hommes armés.

"Je suis soulagé que le procès, que nous attendions depuis trois ans, débute enfin", a-t-il dit. "J'espère que ma famille et moi-même pourront encore avoir une vie normale. Ma femme et mes enfants ont beaucoup souffert, les enfants ont longtemps été victimes de cauchemars. Pour eux, il était très choquant de voir leur père blessé et de réaliser que des voleurs avaient fait irruption dans leur maison", a-t-il ajouté.

Ismaël Saccoor a préféré ne pas se prononcer sur la peine qu'il souhaite entendre être prononcée au terme du procès à l'égard des trois accusés, Nourredine Cheikni (31 ans), Galip Kurum (30 ans) et Hassan Iasir (32 ans).

"Ce n'est pas à moi de me prononcer sur ce sujet, la justice doit faire son travail. J'ai du mal à être confronté de cette manière avec eux, j'aurais préféré parler personnellement avec eux. Alors j'aurais pu leur dire combien je les trouve vraiment lâches", a-t-il déclaré.

 

Les faits pour lesquels les trois accusés comparaissent concernent un homejacking ayant tourné à la fusillade.

La nuit du 3 au 4 décembre 2007, les inspecteurs Peter Van Stalle et Kitty Van Nieuwenhuysen de la police de Beersel patrouillaient aux alentours de Lot. Ils avaient aperçu au loin des hommes fuir précipitamment un véhicule et s'étaient lancés à leur recherche, projecteur de leur combi allumé.

Quelques minutes ensuite, ils avaient été la cible de tirs de kalachnikov. Peter Van Stalle avait été blessé et Kitty Van Nieuwenhuysen avait été tuée, atteinte en pleine tête.

Parmi les victimes se trouvait aussi Ismaïl Sacoor, habitant une maison de Lot qui venait d'être cambriolée par les malfrats. Il avait résisté à ses agresseurs et avait été blessé de plusieurs balles. Sa femme et ses deux enfants étaient eux, indemnes.

Les auteurs avaient subtilisé les clés de la voiture de la famille Sacoor et avait pris la fuite à son bord.

Les accusés devront répondre de sept crimes

L'avocat général Bernard Dauchot a terminé la lecture de son acte d'accusation par les chefs d'accusation.

Ils devront répondre du vol des clés puis de la voiture des Sacoor, commis avec violence et menaces, ayant conduit à une incapacité de travail pour Ismaïl Sacoor et de meurtre sur la jeune policière pour faciliter ce vol.

Ils devront également répondre de tentative de meurtre sur Peter Van Stalle.

Les trois hommes sont aussi accusés d'un vol avec violence commis la nuit du 7 au 8 novembre 2007 à Roux, du vol avec violence de la voiture abandonnée à Lot au préjudice d'un garagiste de Thuin et de séquestrations lors de ces vols.

Ils devront aussi répondre de vols de plaques d'immatriculation à Sombreffe en octobre 2007 et à Gerpinnes en novembre 2007 ainsi que de l'incendie de la voiture des Sacoor après les faits dans un bois de Goutroux et d'association de malfaiteurs.

Les accusés seront interrogés mardi par la présidente de la cour, Karin Gérard. Les parties civiles témoigneront mercredi sauf les parents de Kitty Van Nieuwenhuysen qui seront entendus, eux, le 23 mars.

L'épouse et le père de Peter Van Stalle se sont constitués eux aussi partie civile, lundi, représentés par Me Nicolas Vermissen.

Avec Belga et Roland Bruneel

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