Brucellose: une vache du Namurois souffrante, les éleveurs inquiets

Les agriculteurs connaissent les dangers de la brucellose mais font confiance au système belge.
Les agriculteurs connaissent les dangers de la brucellose mais font confiance au système belge. - © Science

Une vache d'un troupeau de la province de Namur souffre de brucellose, une maladie infectieuse contagieuse, pour les animaux et les hommes. Elle provoque des avortements de veaux. L'Afsca, l'agence qui veille à la sécurité alimentaire, a identifié 200 exploitations en contact direct ou indirect avec ce cheptel.

Tout est mis en œuvre pour éviter la contamination et pour que la Belgique garde un statut de pays "exempt de la maladie", statut qui permet les indispensables échanges commerciaux avec les pays voisins.

"Dans ces exploitations-là, on va faire une série de prises de sang", indique Marie-Laurence Semaille, conseillère au service d'études de la Fédération Wallonne de l'Agriculture. "On va faire des analyses pour vérifier que le cheptel de ces 200 exploitations est bien indemne de brucellose et qu'on a à faire à un foyer unique de brucellose et qu'il n'y a pas de foyer secondaire. La chance qu'on a, c'est qu'on est en hiver et que tout le cheptel bovin actuellement est à l'étable. On peut espérer qu'il n'y a pas encore eu de contamination à d'autres exploitations."

La contamination est effectivement plus rapide lorsque les bêtes sont à l'extérieur. "Si une vache avorte à l'extérieur, le fœtus est vraiment la voie de dispersion première de la maladie. Plus il y a d'animaux qui peuvent entrer en contact avec cet avorton et plus la dispersion sera rapide et grande", poursuit Marie-Laurence Semaille.

Inquiétude parmi les professionnels

La situation inquiète évidemment tous les éleveurs bovins. "On pensait que c'était derrière nous mais, vous voyez, ça peut revenir", soupire Hubert Devroede, agriculteur de Soignies, dans le Hainaut.

L'information s'est rapidement propagée dans le petit monde de l'élevage. Le premier sentiment qu'a éprouvé Hubert Devroede, c'est de la compassion pour l'agriculteur chez qui le cas de brucellose s'est déclaré. "Pour lui, c'est un véritable drame. En cas de brucellose, on va vers le 'stamping out', ce qui veut dire que l'ensemble de son troupeau va être détruit. Ce n'est pas uniquement une perte financière, qui est énorme bien entendu, mais c'est également une perte sentimentale. Tout éleveur tient à son troupeau."

Pour l'heure, il n'est question que d'un cas isolé. Hubert Devroede veut rester serein, éviter la psychose. Il a confiance dans les mesures mises en place.

"On sait que la brucellose est une maladie très contagieuse mais la contagion se fait toujours par contact direct entre les animaux ou avec une personne qui a été en contact avec les animaux", continue l'agriculteur. "Ce n'est donc pas un spectre aussi virulent que la fièvre aphteuse qu'on a connue voici une petite dizaine d'années. On a tout de même en Belgique un système de traçabilité très performant. On est capables de cerner le problème, il faut rester très positifs."

L'agriculteur s'attend à ce que des contrôles anti-brucellose soient réintroduits dans l'ensemble des élevages bovins.

PIAB, avec Charlotte Legrand et Dominique Delhalle
Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK