"Bright Eye Challenge": pourquoi des jeunes se mettent-ils de l'eau de javel dans les yeux ?

"Bright Eye Challenge": pourquoi des jeunes se mettent-ils de l"eau de javel dans les yeux?
"Bright Eye Challenge": pourquoi des jeunes se mettent-ils de l"eau de javel dans les yeux? - © Tous droits réservés

C’est un nouveau défi particulièrement inutile dont les réseaux sociaux ont le secret. Depuis plusieurs semaines, le réseau TikTok héberge des vidéos ou l’on peut voir des jeunes tenter de changer la couleur de leurs yeux grâce à une mixture à base d’eau de javel. La pratique, en plus d’être inefficace, est bien évidemment très dangereuse.

Participer au "Bright Eye Challenge" ("défi de l’œil brillant") nécessite une poche en plastique, du désinfectant pour les mains, de l’eau de javel ou de la mousse à raser. En appliquant la poche sur la cornée pendant une minute, certaines personnes ont affirmé qu’il était possible de changer la couleur de l’œil.

Dégâts irréversibles

Dans les faits, cette affirmation est totalement fausse et les personnes qui relèvent le "défi" encourent de graves blessures. "Vous ne pouvez pas changer la couleur des yeux en pressant un sac contre celui-ci" précise la docteure Susan Blakeney de l’université royale d’optométrie, interrogée par le Mirror.

"Cela peut provoquer des cicatrices cornéennes et nuire à votre vision. La cornée est l’une des parties du corps les plus sensibles. C’est la partie qui nous permet de voir clair et tout ce qui l’atteint peut avoir un impact sur les yeux et être extrêmement douloureux", rajoute-t-elle.

Si l’auteur de la vidéo initiale a finalement admis que celle-ci était truquée grâce à un logiciel vidéo, la pratique en question est devenue virale et a depuis été reproduite par de nombreux jeunes ainsi que par des influenceurs dont les communautés sont parfois très importantes.

Une utilisatrice de TikTok a également prétendu avoir atteint un résultat similaire en appliquant cette poche contre son œil. De nombreux commentaires de curieux concernant la douleur engendrée ou la pérennité de cette pratique ont été relevés sous la vidéo, soulignant l’engouement que le "Bright Eye Challenge" peut provoquer.

Face à l’ampleur du phénomène, les vidéos ont finalement été retirées par les responsables de TikTok. "Ce challenge va à l’encontre de notre charte, selon laquelle nous voulons que notre plateforme soit utilisée de manière positive et sûre. Bien que les utilisateurs à l’origine du challenge l’avaient pensé comme une blague, nous avons retiré les vidéos pour protéger notre communauté", a ainsi fait savoir un porte-parole de l’application au média britannique.

La face sombre des réseaux sociaux

L’application TikTok, propriété du groupe chinois ByteDance, est particulièrement prisée des moins de 16 ans puisqu’elle vient de dépasser la barre du milliard de téléchargements, devenant ainsi l'une des applications les plus utilisées au monde.

Si l’application prévoit l’âge minimum d’utilisation à 13 ans, il n’est pas rare de retrouver des utilisateurs de 10 ou 11 ans. C’est principalement pour sa capacité à engendrer énormément d’engagement et de notoriété en très peu de temps que l’application fait aujourd’hui fureur auprès des plus jeunes.

Initialement conçue une plateforme de vidéos de quelques secondes dans lesquelles des adolescents font du play-back ou dansent sur leur morceau préféré, elle s’est vite muée en plateforme de défis, certains inoffensifs et d’autres bien plus alarmants.

TikTok n’en est d’ailleurs pas à sa première controverse puisqu’il y a quelques jours, des vidéos de propagande de l’organisation terroriste Etat islamique (EI) y ont fait leur apparition. Il y a quelques mois, ce sont des contenus pornographiques qui ont été supprimés.

Fin février, TikTok avait également reçu une amende de 5,7 millions de dollars émanant de l’autorité américaine des télécommunications et de l’internet (FTC), qui lui reprochait de collecter illégalement les données personnelles de mineurs de moins de 13 ans.

D’autres reproches sont également formulés à l’encontre de l’application comme les risques liés au narcissisme, la pédophilie, l’hyper-sexualisation d’un public très jeune ainsi que la présence sur le réseau d’utilisateurs malveillants.

Il ne s’agit d’ailleurs pas du premier défi dangereux engendré par les réseaux sociaux. Ces derniers mois, le "In My Feelings Challenge", le "Blue Whale Challenge" ou encore le "Momo Challenge" ont permis de mettre en lumière de nombreuses dérives et soulignent la nécessité d’une vigilance particulière auprès d’un public parfois enclin à dépasser ses limites au-delà de toute rationalité.

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