Braquage à l'aéroport de Zaventem: Marc Bertoldi absent, mais le procès a bien lieu

Les médias l’avaient surnommé le casse du siècle. Le 18 février 2013, en quelques minutes seulement, des caisses entières de diamants avaient été dérobées à l’aéroport de Bruxelles. L’affaire est examinée ce mercredi par le tribunal correctionnel de Bruxelles. Ce qui est frappant dans ce casse, c'est l’organisation très précise des auteurs.

Les 19 prévenus ont été appelés à comparaître. Mais les avocats et le tribunal débattent encore de l'absence du suspect N°1, Marc Bertoldi, détenu en France.

Maître De Beco, son avocat, explique cette situation par le fait qu'il n'y a pas de convention signé entre la Belgique et la France qui prévoit le prêt d'un détenu entre les 2 pays. "Marc Bertoldi souhaite s'exprimer devant le tribunal et il doit pouvoir se défendre. C'est un droit fondamental. On n'a pas trouvé de solution acceptable et censée. Je constate donc qu'on veut faire le procès sans mon client, je ne peux pas l'accepter", ajoute-t'il. 

Du côté des avocats des prévenus, on considère que son absence est un motif de report. "C'est assez particulier d'entamer le casse du siècle sans celui considéré comme l'organisateur. Ce qu'il conteste formellement. On aimerait bien entendre ses explications et lui poser des questions", expliquer me Nathalie Gallant, avocate d'un prévenu.

 Mais le tribunal a refusé. Le débat a donc continué et l'absent sera jugé par défaut.

50.000 euros dans une peluche Winnie l'ourson

La présidente de la 47e chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles a interrogé les trois premiers prévenus dans l'ordre de citation: El Houssïen B., Tarik B. et Nordine E.H.

Les trois hommes ont étés questionnés sur les relations entre eux et avec Marc Bertoldi. Mais aussi sur la somme de 50.000 euros qui avait été retrouvée dans une peluche Winnie l'ourson.

"La somme retrouvée représentait mon capital. J'avais vendu mes biens car je devais être incarcéré à la suite d'une condamnation à 4 ans de prison", a expliqué Nordine E.H., interrogé à propos de la découverte d'une somme de 50.000 euros en billets de 500 euros dans une peluche Winnie l'ourson.

Et les empreintes du prévenu Tarik B. avaient été retrouvées sur le sac plastique qui enveloppait l'argent. "J'avais acheté cette peluche à Disneyland pour le fils de ma femme", a admis Tarik B. Il a cependant dit ne rien savoir sur l'argent qui s'y trouvait.

Ils soutiennent connaître vaguement Bertoldi

La présidente du tribunal a également relevé que Tarik B., El Houssiën B. et Marc Bertoldi étaient allés ensemble au Maroc entre le 14 et le 22 mars 2013, soit quelques semaines après le braquage.

Tarik B. a déclaré qu'il avait accompagné El Houssïen B. au Maroc pour se changer les idées et que c'est sur place qu'il avait rencontré pour la première fois Marc Bertoldi.

Quant à Houssïen B., il a déclaré qu'il s'était rendu au Maroc pour affaires et qu'il avait profité de l'hospitalité de Marc Bertoldi.

Les deux hommes ont soutenu qu'ils ne connaissaient que vaguement Marc Bertoldi. Ils nient être impliqué avec lui dans le braquage de Brussels Airport.

Rappel des faits 

Sur le tarmac de l’aéroport de Bruxelles-National, un jet d’une compagnie helvétique s’apprête à décoller pour Genève, avec à son bord des dizaines de millions en diamants et pierres précieuses. Un commando de braqueurs surgit alors, et sans violence, si ce n’est bien sûr des menaces, s’empare de ce qui a été évalué par les assurances à 37 millions d’euros.

"C’est un dossier qui me fait toujours un peu penser à l’affaire Thomas Crown, commente Nathalie Gallant, avocate d’un des prévenus. Quelque chose de parfaitement minuté avec le moins de dommages collatéraux possibles, puisque si la qualification de vol à l’aide de violence est retenue - parce qu’il y a eu effectivement des armes exhibées - on n’a jamais déploré le moindre blessé dans ce dossier, et encore moins une issue fatale."

Ce matin, 19 prévenus sont cités. Mais celui qui, pour le Parquet, apparaît comme l’organisateur de ce casse historique est actuellement détenu en France.

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