Braille Day: découvrir les animaux en les touchant

Toucher un animal, c'est presque le voir...
Toucher un animal, c'est presque le voir... - © COPYRIGHT RTBF

Pour le Braille Day 2014, 118 enfants aveugles et malvoyants sont partis à la découverte de Planckendael. L'occasion de toucher, sentir et écouter le monde animal.

Fermez les yeux et écoutez... Pas besoin d’avoir les yeux ouverts pour reconnaître le rugissement d’une lionne ou pour apprécier la forte odeur d'un éléphant.

Ce matin à Planckendael, Catherine et Zoé, 13 ans, se tiennent devant un enclos de girafes. Catherine est non-voyante, mais sa copine Zoé lui décrit la scène : six girafes se trouvent devant elles. Deux d’entre elles sont en train de boire de l’eau. Leur long cou tacheté de brun est plié jusqu'à l'abreuvoir, à 2 mètres du sol. À gauche, un girafon fait quelques étirements.

Catherine et Zoé sont élèves à l'Institut Royal pour Sourds et Aveugles de Bruxelles. Comme elles, des dizaines d’enfants venus de plusieurs écoles spécialisées ont eu droit à une visite un peu spéciale du parc animalier. Avec l’aide des guides du parc animalier, la Ligue Braille a conçu un programme adapté avec une attention particulière pour les découvertes tactiles et auditives. Les enfants peuvent caresser la laine des chameaux ou sentir l'odeur des léopards des neiges, découvrir les différentes sortes de plumes d'oiseaux et même caresser un serpent.

David, 10 ans, caresse une chèvre noire : "C’est doux". Plus loin, sa copine Francesca tient une poule blanche dans ses bras. Noémi Alonso est l’une de leurs éducatrices : "Le contact est important pour tous les enfants. Et pour David, qui ne voit pas bien, il y a cette importance du contact et du toucher. Ils ont besoin de toucher pour comprendre le monde qui les entoure."

Pour les malvoyants, le monde des voyants est un peu comme un zoo. Une jungle de sons et de parfums, pas toujours faciles à comprendre. Pour Rebecca Lévêque, de la Ligue Braille, une activité comme celle-ci est la première étape pour aider les enfants à appréhender le monde des voyants, rarement adapté aux besoins des malvoyants : "Dans de nombreux musées, rien n’est pas adapté. Au cinéma, ça commence tout doucement avec l’audio-description, mais en général, il faut vraiment améliorer les conditions d’accueil pour les malvoyants. Même ici, à Planckendael : le terrain cabossé est dangereux pour quelqu’un qui ne voit pas. Sans assistance, on peut facilement tomber dans un fossé."

Dans la vie de tous les jours, les malvoyants et non-voyants ne peuvent pas toujours se déplacer par leurs propres moyens : "Il y a encore beaucoup de bus où on n’entend pas le nom de l’arrêt où on arrive, et les gens doivent toujours demander 'Où suis-je ?'. Ils ne sont pas autonomes, et faciliter cette autonomie, c’est une des priorités de la Ligue Braille."

Découvrir le zoo des animaux, c'est donc un tremplin pour affronter le zoo du quotidien.

Alexandre Mitea

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