Boucher-charcutier: un métier en pénurie, "la faute à l'Afsca"

Illustration - Boucher-charcutier: un métier en pénurie
Illustration - Boucher-charcutier: un métier en pénurie - © MOSSAY G

Le cri d'alarme d'une profession à présent, celle de boucher-charcutier. Les petits commerces disparaissent les uns après les autres. Pointés du doigt : les contrôles de l'Afsca et les investissements qu'ils impliquent. Des investissements intenables pour les petits commerçants. Reportage.

A Mons le patron d'une boucherie respire. Le dernier contrôle s'est bien passé. Rien à redire, rien à refaire. Le contrôle était courtois, mais ce n'est pas toujours le cas explique-t-il : "Maintenant, ne fut-ce qu'un pousse-pousse pour mettre sur l'évier, ne fut-ce que de changer parce que cela ne va pas il faut acheter des armoires, on ne peut pas laisser des machins apparents, ni rien du tout. On ne peut plus rien faire, on n'est plus chez soi !".

Dans cette boucherie, on a donc changé récemment les armoires, les points lumineux et l'évier dans le commerce. Une situation qualifiée de "catastrophique" par ce commerçant : "C'est des investissements dans les frigos, c'est des investissements dans tout, cela devient catastrophique". Je ne suis pas saisi qu'il y a en a beaucoup qui ferment.

Il y avait à Mons, quarante boucheries dans les années 70-80. Il en reste cinq aujourd'hui. L'évolution est la même dans le reste du pays. Et si l'Afsca se montre parfois tolérante avec les anciens bouchers connus sur la place, ces derniers ont ensuite un mal fou à remettre leur commerce. les jeunes n'ont pas les reins assez solides

"C'est démotivant, il n'y a plus personne qui veut reprendre un boucherie. Ce n'est plus possible. Déjà pour le prix qui est exorbitant en matériel et tout. Mais quand on voit à quoi ils s'attendent avec l'Afsca qui tue tout le monde, c'est du fou".

Dans le contexte, ils obtiennent difficilement un prêt pour reprendre. Sans compter la concurrence de plus en plus sévère des supermarchés. 

 

C.B. avec Manu Delporte

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