Boris Cyrulnik, survivant de l'Holocauste: "La planète est bourrée de dictateurs démocratiquement élus"

Boris Cyrulnik, neuropshychiatre français et auteur de nombreux livres, était ce mardi matin l'invité de La Première. Lui qui a survécu à l'Holocauste en se cachant avant d'être déporté, mais dont les parents ont péri à Auschwitz, s'inquiète de la monté des totalitarismes partout dans le monde.

"Quand le négationnisme est apparu, j’ai été stupéfait. Se taire, c’est se faire complice. L’écriture, pour moi, c’était le moyen de reprendre le contrôle de mon monde interne, mais aussi de partager, de dire aux gens : 'Attention il y a des régimes totalitaires qui s’installent avec l’assentiment de la majorité'. Actuellement il y a des gens qui prétendent avoir la vérité, qui affirment 'je suis votre chef idéologique ou religieux ou scientifique, si vous répétez ma parole, vous aurez un poste. Les autres sont déportés, rééduqués, fusillés", constate-t-il.

"Partout réapparaissent des discours totalitaires. L’explication que je donne, c’est qu'on reçoit trop d'informations. J’adore le doute, mais ça angoisse beaucoup de gens. Si à ce moment-là arrive un sauveur… La planète est bourrée de ces dictateurs démocratiquement élus".

Le bonheur est cul-cul

Devenu neuropsychiatre, il est l'auteur de nombreux livres et a popularisé le concept de résilience. Il s'intéresse aussi à la recherche du bonheur, contre-productive pour lui. "Je dénonce une dictature du bonheur. Le bonheur nécessite le malheur, pour en prendre conscience. Le bonheur est cul-cul. Le plus sûr moyen d’être malheureux, c’est de chercher le bonheur. On court à la frustration".

Pour lui, le meilleur moyen de s'assurer que les humains sont heureux, c'est de s'intéresser aux bébés. 

On peut apprendre aux bébés une aptitude au bonheur

"Avec la neuro-imagerie, on se rend compte qu’on peut apprendre aux bébés une aptitude au bonheur. Si on organise les 1000 premiers jours, y compris la grossesse, d’une manière stable et sécurisante, ils supporteront mieux les pépins de la vie".

Pour le neuropshychiatre, il y a encore du travail à faire dans nos pays occidentaux. "Dans les quartiers riches, c’est le cas pour le moment. Les bébés et leurs parents ont des grands appartement silencieux, ils s’entendent bien, ils ont des hauts salaires. Quand on descend dans les salaires, on ne sait pas comment finir le mois, on habite loin, les bébés vivent dans des milieux stressés".

Une solution pour lui: allonger les congés parentaux.

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK