Birmanie: deux morts lors de violences entre bouddhistes et musulmans

Une foule en colère à Mandalay, où se sont affrontés bouddhistes et musulmans, le 2 juillet 2014
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Une foule en colère à Mandalay, où se sont affrontés bouddhistes et musulmans, le 2 juillet 2014 - © STR

Deux personnes ont été tuées en Birmanie lors de nouvelles violences entre bouddhistes et musulmans à Mandalay, dans le centre du pays, a annoncé une source policière jeudi.

Lors de ces violences survenues après l'attaque d'un commerce musulman dont le propriétaire est accusé de viol, "il y a eu deux morts", a déclaré à l'AFP sous couvert de l'anonymat un responsable de la police de la deuxième ville du pays.

Il n'a donné aucun détail sur l'identité des victimes ou les circonstances de leur mort.

Les émeutes ont commencé mardi soir lorsqu'une foule de centaines de personnes armées notamment de pierres ont attaqué cette échoppe tenue par des musulmans et d'autres bâtiments, et également incendié une voiture.

La police a dû utiliser des balles en caoutchouc pour disperser la foule armée de pierres, de bâtons et de couteaux, selon la presse officielle.

"Nous enquêtons sur les émeutes et nous prendrons des mesures contre ceux qui étaient impliqués", a assuré le chef de la police de Mandalay, Zaw Win Aung, cité par le quotidien d'Etat New Light of Myanmar.

La Birmanie a été secouée depuis 2012 par plusieurs vagues de violences entre bouddhistes et musulmans ayant fait plus de 250 morts et 140.000 déplacés, principalement des musulmans.

Les émeutes avaient commencé en Etat Rakhine, dans l'ouest du pays, entre bouddhistes de la minorité rakhine et musulmans de la minorité apatride persécuté des Rohingyas, faisant au moins 200 morts lors de deux vagues d'attaques en 2012.

Les violences antimusulmans avaient ensuite fait tache d'huile dans plusieurs régions du pays, avec un épisode particulièrement violent et des dizaines de morts en mars 2013 dans la ville de Meiktila, à une centaine de kilomètres de Mandalay.

Cette série d'émeutes a porté une ombre au tableau des réformes du gouvernement quasi-civil qui a succédé à la junte dissoute il y a trois ans.

Un pays très majoritairement bouddhiste

Les violences visant les musulmans de Birmanie, qui représentent au moins 4% de la population, avaient mis en lumière une islamophobie latente dans un pays très majoritairement bouddhiste.

Elles ont en outre été accompagnées de campagnes de moines bouddhistes radicaux appelant à boycotter les magasins musulmans ou encore réclamant des lois pour limiter les conversions et les mariages interreligieux.

Parmi eux le moine Wirathu qui avait posté sur sa page Facebook un message relayant quelques heures avant le début des violences les accusations contre les propriétaires de l'échoppe de Mandalay.

Dans un message radio mensuel, le président birman Thein Sein a appelé à la fin des haines religieuses.

"Notre pays étant un pays multiracial et multireligion, le processus de réformes en cours ne sera un succès que quand la stabilité sera assurée grâce à la coopération de tous les citoyens, en vivant en harmonie les uns avec les autres", a-t-il déclaré selon une transcription de son discours publié jeudi dans New Light of Myanmar.

AFP

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