Biodiversité : des chambres fortes abritent des échantillons de graines de toutes les plantes pour les protéger des guerres et des catastrophes naturelles

Le réchauffement climatique, la pollution, la déforestation, les guerres, les incendies : tous ces facteurs menacent la biodiversité. L’extinction des espèces végétales est très rapide, c’est pourquoi il est nécessaire de sauvegarder des échantillons de chacune de ces espèces, afin d’être certain de pouvoir les replanter si nécessaire.

5 images
Le bâtiment blindé est construit en forme de graine © Photo by Jung Yeon-je / AFP

En Corée du Sud, l’arboretum national Baekdudaegan (), à 200 km de Séoul, est doté d’un centre de stockage des semences. Il renferme déjà près de 100.000 graines de 4751 espèces. Cette "grainothèque" est abritée dans une chambre forte ultra-sécurisée et reliée aux services de renseignements sud-coréens. Construit dans une zone reculée de l’arboretum, le bâtiment en forme de graine est entouré de barbelés et est surveillé par des dizaines de caméras. Des patrouilles de police tournent régulièrement.

5 images
Les tunnels peuvent résister à un séisme de magnitude 6,9 et même à une attaque nucléaire. © Photo by Jung Yeon-je / AFP)

Un ascenseur descend à une profondeur de huit étages, jusqu’à un tunnel de béton qui donne sur deux portes en acier robuste, lesquelles ouvrent sur des entrepôts où la température est maintenue à -20 °C et l’humidité à 40%. L’installation a été bâtie dans un des lieux les plus sûrs du pays, elle est capable de résister à un séisme de magnitude 6,9 et même à une attaque nucléaire.

Contrairement à ce qui se fait ailleurs, les espèces qui sont déposées dans ces entrepôts ne pourront pas en ressortir, sauf en derniers recours. C’est-à-dire en cas d’événement apocalyptique, ce que personne ne souhaite. Actuellement, les échantillons sont pour la plupart des plantes que l’on trouve sur la péninsule coréenne. Mais, avec une capacité de deux millions de graines, le lieu propose ses services à d’autres pays. Plusieurs nations comme le Kazakhstan ou le Tadjikistan ont choisi d’entreposer là leurs graines. Les dépositaires demeurent légalement les propriétaires des échantillons.

Certains se demandent peut-être pourquoi on se préoccupe de ces fleurs sauvages qui poussent dans le caniveau

 

La recherche sur les espèces sauvages "manque cruellement", s’inquiète la biologiste Na Chae-sun, de l’arboretum national Baekdudaegan. Elle et son équipe collectent les échantillons et les soumettent à un processus méticuleux d’archivage qui implique des radios et des essais de plantation, avant que les graines ne soient entreposées dans la chambre forte. "Certains se demandent peut-être pourquoi on se préoccupe de ces fleurs sauvages qui poussent dans le caniveau", dit-elle, interrogée par l’AFP. "Notre travail est de les identifier une à une et de dire aux gens pourquoi elles sont importantes. Car les plantes que nous mangeons aujourd’hui viennent peut-être de cette fleur sans nom du caniveau."

5 images
L’entrée de l’Arche de Noé végétale dans l’archipel norvégien du Svalbard © Lise Åserud / NTB Scanpix / AFP

Sur un autre continent se trouve l'"Arche de Noé végétale" : elle est enfouie dans une montagne près de Longyearbyen, chef-lieu de l’archipel norvégien du Svalbard, à 1300 km du Pôle Nord. Inaugurée en 2008 grâce à un financement norvégien, elle renferme plus d’un million d’échantillons provenant de toute la planète et se concentre sur les semences, avec l’ambition de préserver les plantes susceptibles de nourrir une planète toujours plus peuplée et plus chaude.

5 images
Ces boîtes contiennent les graines conservées dans l'"Arche de Noé végétale" © Photo by Helene DAUSCHY / AFP) AFP or licensors

►►► À lire aussi : Des botanistes britanniques fondent la première "banque à graines" de la planète


Les espèces sauvages sont une richesse potentielle pour l’avenir pour ce qui est des médicaments, des carburants ou de la nourriture, expliquaient l’an passé dans un rapport les Jardins botaniques royaux de Kew, en Grande-Bretagne. Mais 40% d’entre elles sont menacées d’extinction en raison de la destruction de leur habitat et du réchauffement climatique, avertissait cet organisme public britannique.

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK