Bilan en demi-teinte pour le tourisme belge après un mois de vacances

Le secteur touristique du littoral est satisfait du premier mois des vacances d'été. L'affluence s'est principalement ressentie durant la seconde moitié de juillet.
Le secteur touristique du littoral est satisfait du premier mois des vacances d'été. L'affluence s'est principalement ressentie durant la seconde moitié de juillet. - © AUDE VANLATHEM - BELGA

Le mois de juillet est quasi fini. Trente jours après le début de ces grandes vacances, comment se porte le tourisme en Belgique ?

Les attentats du 22 mars dernier ont-ils eu un impact sur la fréquentation touristique dans notre pays ? Les étrangers sont-ils plus réticents à venir le visiter ? Le temps plutôt maussade du début du mois a-t-il fait fuir les visiteurs ? Tentative de réponse avec un tour d'horizon des 3 régions.

A Bruxelles

22 mars 2016, attentat à l'aéroport de Zaventem. Dans la foulée, attentat à la station de métro Maelbeek. La Belgique est touchée et Bruxelles, la capitale de l'Europe est sous le feu de l'actualité internationale.

Conséquence, les touristes ne se pressent plus. Le secteur HORECA est touché, les musées n'accueillent plus autant de visiteurs: Bruxelles a la gueule de bois. Manneken Pis, la rue des bouchers, l'Atomium... les hauts lieux du tourisme bruxellois sont délaissés.

Quatre mois plus tard, c'est la saison estivale. Une période pendant laquelle les visiteurs étrangers se bousculent habituellement. Des initiatives ont été prises pour redorer le blason de la capitale. Pourtant, les touristes sont toujours réticents à l'idée de venir visiter la Grand-Place ou de déguster les spécialités locales.

Au centre de la BD belge, ce n'est pas la grosse affluence. Willem Degraeve est directeur et responsable commercial, il constate une baisse de fréquentation d’au moins 40% par rapport à l’an passé. Une année 2015 qui avait été celle d'un record pour le centre : 216 000 visiteurs. Mais depuis la menace et les attentats, la donne a clairement changé: "Nous avons senti l'impact des attentats, surtout la semaine du 'lockdown' qui a été très néfaste pour nos fréquentations".

Après une chute de 50% de fréquentation fin décembre en raison de la menace terroriste, les chiffres étaient meilleurs en mars : "Et puis, pas de chance, à cause des attentats de mars, les mois d'avril et mai ont été très mauvais".

Situation difficile dans le centre

Dans une auberge du centre de Bruxelles, on fait aussi la moue. Deux jours après les attentats, l'établissement a enregistré des milliers d'annulations. Les hôtels bruxellois ont enregistré une baisse de 22% en mai. Quatre mois plus tard, les clients ne sont toujours pas revenus.

"Normalement, on a un minimum de 100 clients par jour, et pour le moment on en a un peu près 25. Déjà après les attentats de Paris en 2015, certains ne voulaient plus venir à Bruxelles. Mais après les attentats de Bruxelles, les annulations ont plu, 5000 à 6000 par jour" explique Ruud Vervaeren, le responsable. Un responsable obligé de réduire son personnel.

Dans les autres hébergements, les réductions de personnel sont également fréquentes, certains hôtels et restaurants ont aussi fait faillite. A Bruxelles, les taux de réservation ont globalement baissé de 10 à 20 % selon les endroits.

Beaucoup de touristes étrangers ont donc visiblement changé leurs plans et ont décidé de ne plus passer par Bruxelles, préférant d'autres villes d'Europe comme Amsterdam, Lisbonne ou Barcelone. Et les Belges sont également peu nombreux à venir arpenter les rues de leur capitale. Il faudra encore du temps avant que Bruxelles puisse se relever.

En Wallonie :

Les chiffres officiels n'ont pas encore été publiés côté wallon et il faudra attendre la fin du mois d’août pour connaitre le verdict qui sera rendu par le Commissariat général au tourisme de la Région wallonne. Mais d'après les premières tendances, l'impact des attentats du 22 mars sur le tourisme semble moins évident. Ici, c’est surtout la météo qui fait le succès ou non de la saison touristique.

Illustration, à travers des endroits habituellement fréquentés dans le sud du pays

L'an passé, plus de 130 000 touristes ont visité le château de Bouillon. Cette attraction touristique, véritable baromètre pour mesurer le taux de fréquentation de la région, espérait faire aussi bien cette année.

De nombreux flamands se rendent dans les Ardennes. Mark et Paola sont d'ailleurs venus de Flandre pour visiter les murs fortifiés ardennais malgré la pluie, une démarche qu'ils revendiquent : "Il ne faut pas toujours aller dans d'autres pays puisqu'il y a de beaux coins ici, et c’est bien de connaitre la culture de la Wallonie aussi".

Mais la première tendance pour ce mois de juillet est à la baisse. Une diminution limitée mais de l'ordre de 6%, ce qui correspond à 1000 entrées en moins. Un chiffre qui aurait pu être compensé si la météo avait été plus favorable.

Parc d'attraction et centres de loisirs plutôt épargnés

Autre tendance du côté du célèbre parc d'attractions Walibi, qui accueille en moyenne plus d’1 300 000 visiteurs par an. Pas encore de chiffre précis, mais une légère baisse en juillet par rapport à l’an passé. Une fois encore, c’est la météo globalement maussade qui en serait la cause et pas la menace d'attentats. Le parc à d'ailleurs presque fait le plein lors du long week-end ensoleillé du 21 juillet.

Autre endroit emblématique, les Lacs de l'Eau d'Heure qui attirent aussi beaucoup de touristes belges et frontaliers. Juillet a d'ailleurs été un bon mois et août s'annonce plutôt bien. Selon un gérant d'infrastructures, le village de vacances dont il s'occupe affiche quasiment complet et les perspectives sont bonnes au moins jusqu'au 15 août. 

Impact des attentats limité à Namur

Un ancien directeur d'hôtel à Bruxelles a pris les rennes d'un établissement namurois. Selon Karim Haraké, "pour ce qui est de la Wallonie, on ressent moins l'impact des attentats et notre perte est d'environ 5%, notamment à cause de la perte de groupes chinois ou anglo-saxons qui viennent moins".

Namur compense en partie la perte de ses visiteurs par les touristes d'un jour. La citadelle, qui peut servir de baromètre de la ville, affiche d'ailleurs un taux de fréquentation en augmentation de 30% depuis le mois de mai, selon son office du tourisme.

En Flandre :

Si les conséquences néfastes des attentats de Bruxelles sur le tourisme semblent limitées en Wallonie, ce n’est pas le cas dans les villes touristiques du nord du pays. Les attentats du 22 mars à Bruxelles ont eu un impact négatif sur le taux de réservations dans les hôtels des villes d'art flamandes.

Le taux de réservations dans les villes touristiques (Bruges, Gand, Anvers, Malines et Louvain), qui représente quelque 60% des nuitées dans la région, a diminué depuis avril de 10 à 15% par rapport à l'année dernière. En mai, une baisse de 15% a ainsi été constatée.

La côte a la cote

A la côte, le discours est différent et le secteur touristique du littoral se satisfait du premier mois des vacances d'été. C'est ce qui  ressort d'un sondage réalisé par l'office du tourisme provincial de Flandre occidentale, Westtoer. L'affluence s'est principalement ressentie durant la seconde moitié de juillet.

Franky De Block, député provincial au tourisme explique qu'après un démarrage en douceur, la deuxième moitié de juillet a connu une belle affluence et une atmosphère de vacances d'été et "près de trois millions de touristes d'un jour se sont rendus à la mer ce mois-ci".

Succès grâce au soleil de la mi-juillet

Le week-end prolongé de la Fête nationale a attiré environ 530 000 touristes journaliers et les hôtels affichaient presque complet.
Les campings du littoral ont aussi connu un bon taux d'occupation en juillet, après un printemps mitigé. Le long week-end du 21 juillet a également été le meilleur, avec de nombreuses réservations de dernière minute. Les campings ont par ailleurs attiré plus de Belges que les années précédentes.

Les agences de location sont particulièrement satisfaites de la météo du mois de juillet. Moins de réservations anticipées pour l'été avaient en effet été enregistrées à la suite du temps variable au printemps et de la menace terroriste. Les chiffres totaux sur le taux de fréquentation seront dévoilés à la fin de l'été.

Enfin, le secteur continue de plaider pour des prévisions météorologiques adéquates pour la mer, car il y fait plus souvent ensoleillé qu'à l'intérieur du pays, souligne Westtoer.

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