Manifestation: 112 policiers blessés, un homme sous mandat d'arrêt

Manifestation nationale - 112 policiers blessés à Bruxelles
Manifestation nationale - 112 policiers blessés à Bruxelles - © Belga

Un homme ayant blessé cinq policiers lors des incidents survenus en marge de la manifestation nationale qui s'est déroulée jeudi à Bruxelles, a été placé sous mandat d'arrêt. Il comparaîtra endéans les cinq jours devant la chambre du conseil, qui se prononcera sur la confirmation de son mandat, a indiqué vendredi le parquet de Bruxelles. Au total, 112 policiers de différentes zone bruxelloises ont été blessés lors de ces incidents qui se sont essentiellement produits sur le boulevard du Midi, à Bruxelles. De son côté, le SLFP Police déplore la gestion de la manifestation.

Une centaine de policiers ont été blessés lors des incidents survenus en marge de la manifestation nationale qui s'est déroulée jeudi à Bruxelles. Onze véhicules ont été incendiés et 62 autres endommagés. La police a intercepté 43 fauteurs de troubles dont deux ont été arrêtés judiciairement. L'un de ces auteurs présumés a été cité en procédure accélérée et est soupçonné d'avoir blessé quatre agents. Le deuxième suspect a quant à lui blessé cinq policiers et a été déféré devant un juge d'instruction qui l'a placé sous mandat d'arrêt. La police est également à la recherche de quatre autres auteurs identifiés qui auraient blessé des agents.

Les fauteurs de trouble qui seraient amenés à comparaître devant le tribunal correctionnel, encourent des peines de prisons fermes. "Les coups et blessures sur des agents de police sont sévèrement punis", a rappelé Me Dimitri de Béco. "Il est question de peines de prison allant d'un mois à un an ainsi que d'amendes allant de 300 à 1800 euros pour des coups et blessures simples. Pour ce qui est des coups et blessures avec préméditation et si les agents subissent un arrêt de travail, la peine maximale est de cinq ans de prison, assortie d'une amende de 3000 euros. Si la victime demeure en incapacité de travail, la peine peut aller jusqu'à 15 ans de prison si le geste était prémédité."

Toutefois, même les fauteurs de trouble qui n'ont pas blessé d'agents peuvent encourir des peines de prison. "Le parquet peut les poursuivre pour rébellion", poursuit Me de Béco. Les peines de prison pour rébellion simple vont de huit jours à six mois. En cas de rébellion armée, les peines de prison vont de trois mois à deux ans. Si la rébellion est commise en groupe avec entente préalable, les suspects qui ont utilisé des armes encourent de cinq à dix ans de prison et ceux qui n'ont pas utilisé d'armes, d'un an à cinq ans. "Il appartient au juge d'interpréter à partir de quand il est question d'entente préalable", indique l'avocat.

Les suspects responsables de dégradations ou d'incendie de véhicules notamment, encourent des peines de prison pouvant aller jusqu'à cinq ans. "Il s'agit à chaque fois de peines de prison maximale", a précisé Me de Béco.

Le SLFP Police dénonce l'utilisation de "chair à canon"

Le SLFP Police a mis en cause vendredi la gestion de la manifestation nationale. Le syndicat estime que les policiers ont été utilisés comme "chair à canon".

"Où était Monsieur Mayeur, le responsable final de la 'gestion de l'espace public', pour prendre les mesures adéquates et les bonnes décisions? Où se trouve maintenant le bourgmestre, pour s'inquiéter de la centaine de blessés au sein du personnel policier, conséquence d'un dérapage global dont il est responsable?", s'est interrogé Vincent Gilles, président national du SLFP-Police.

"Ce n'est un secret pour personne que le nouveau bourgmestre n'apprécie pas les policiers. Nous constatons qu'il est bien silencieux au sujet de cette violence inacceptable à la fin de la manifestation, alors que nous devons constater que le ministre de l'Intérieur dénonce - lui - cette violence. Sommet de mépris et de mauvaise foi, il n'a pas mis en doute l'assertion selon laquelle les collègues de service d'ordre sont à l'origine de 'provocations' expliquant ces débordements", a-t-il ajouté.

"Nous remercions la CSC et la CGSLB de leur condamnation claire et univoque de ces faits inacceptables. Que les responsables de la FGTB osent pointer les policiers et invoquer des excuses pour justifier ce qui ne sont que des actes de casseurs est tout simplement crapuleux", a-t-il conclu.

Charles Michel transmet ses encouragements aux policiers blessés

Le Premier ministre Charles Michel a eu un contact vendredi avec les supérieurs des agents qui ont été blessés à l'issue de la manifestation. Le chef du gouvernement a tenu à faire part de sa préoccupation après ces incidents sérieux. Le Premier ministre leur a souhaité un prompt rétablissement et les a remerciés pour le travail accompli dans des circonstances difficiles, a-t-on indiqué dans son entourage.

 

RTBF avec Belga

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