Bientôt une bintje OGM pour résister au mildiou ?

Bientôt une bintje OGM pour résister au mildiou ?
Bientôt une bintje OGM pour résister au mildiou ? - © EMMANUEL DUNAND - AFP

En 2011, des militants anti-OGM avaient arraché des plants de pommes de terres transgéniques dans un champ de Wetteren. L'Institut flamand de biotechnologie et l'Université de Gand y testaient la résistance de pommes de terres génétiquement modifiées à certaines maladies.

Malgré cela, les recherches ont continué et les résultats viennent d'être publiés dans une revue scientifique.

René Custers, porte-parole de l'Institut flamand, précise : "Il en ressort clairement qu’il faut combiner différents gênes pour que la pomme de terre résiste bien et durablement aux maladies".

La deuxième phase des recherches est lancée. Le but ? Développer une bintje génétiquement modifiée qui résistera au mildiou.

Qu'en pensent les agriculteurs ?

Le mildiou est un vrai fléau pour les cultivateurs de pommes de terre. Cette maladie les pousse à pulvériser des fongicides. Des traitements qui coûtent cher.

Une pomme de terre génétiquement modifiée pour résister au mildiou serait-elle donc la solution tant attendue ?

Daniel Ryckmans, de la filière wallonne de la pomme de terre, explique : "Les chercheurs eux-mêmes précisaient dès le début qu’il faudrait encore probablement faire quelques traitements préventifs".

Sans parler des autres maladies du feuillage contre lesquelles la pomme de terre OGM ne serait pas protégée, comme l'alternariose qui nécessite aussi des traitements préventifs.

Du côté des agriculteurs, on y voit donc du contre et du pour... "Il y a certes des avantages, parce que les années où il faut traiter 20 fois les pommes de terre, si on ne pouvait traiter que trois, quatre ou six fois, ce serait plus facile et moins cher".

En gardant en tête la frilosité du public. "En voyant OGM sur un paquet de pommes de terre ou de frites, est-ce que le consommateur sera prêt à en acheter?"

Inutiles les actions des anti-OGM ?

Les actions menées il y a quatre ans n’ont-elles servi à rien ? L’un des condamnés du procès anti-OGM, Steven Desanghere, ne le pense pas : "Au contraire, au contraire. Le monde entier peut lire l'article et voir qu'il n'y a pas grand-chose dedans. Par ailleurs, on voit bien qu'aujourd'hui encore on utilise des photos qui renvoient à notre action. Donc on a réussi à créer un débat, pas seulement dans l'opinion publique mais aussi chez les politiques".

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