Bertrand Piccard à bord du Solar Impulse: "Implanter ces nouvelles technologies dans la réalité", ou "tout cela n'aura été que science-fiction"

Bertrand Piccard est à bord du Solar Impulse 2 pour son ultime voyage, bouclant ainsi un tour du monde de plus d'un an en reliant Le Caire à Abu Dhabi. Notre journaliste Florence Hurner a pu avoir une interview exclusive du pilote, qui a livré ses impressions avec beaucoup d'émotions.

Pour cette dernière étape dans votre tour du monde, quelles sont les difficultés principales?

"La très très forte chaleur, il y a de très hautes températures au-dessus de l'Arabie Saoudite qui donnent des thermiques et des nuages qui montent très haut. Mais notre équipe à Monaco a admirablement bien préparé tout ça sur le plan technique. Pour l'instant ça se passe très très bien, je suis en train de  terminer la traversée de la Mer rouge et j'arrive sur la côte d'Arabie Saoudite au-dessus d'un banc de corail et de couleurs absolument féériques."

Quel est votre état d'esprit en ce moment?

"C'est une aventure qui a commencé il y a 15 ans, dans laquelle André Borschberg et moi, avec toute notre équipe, nous sommes investis corps et âme. C'est vrai que ça m'émeut beaucoup, j'essaye plutôt de me concentrer sur le pilotage de l'avion et sur tout ce que je vois. Mais c'est vrai que c'est assez émouvant de se dire que c'est la dernière fois que je vole sur cet avion dans le cadre de ce tour du monde."

C'est un long projet qui s'achève ici, quelle sera la  prochaine étape pour vous?

"C'est d'impliquer, dans la vie de tous les jours, dans le monde politique, dans le monde industriel, toutes les technologies qui ont été développées avec nos partenaires pour Solar Impulse. Pour moi, ce n'est pas un côté industriel, je ne suis pas un industriel, c'est le côté de la promotion de cette technologique pour réduire les émissions de CO2, pour diminuer le gaspillage d'énergie. Avec nos partenaires on se prépare à annonce le lancement du Comité international de technologie propre."

Quel est le souvenir marquant que vous retiendrez?

"La première traversée de l'Atlantique avec un avion solaire, c'était extrêmement symbolique. Un autre moment, c'est quand j'ai rencontré Ban Ki-moon, le secrétaire générale des Nations Unies depuis le cockpit au milieu du Pacifique, c'était quelque chose de fantastique."

"Mais je crois que le moment que je me rappellerai toujours, c'est celui-ci, ce dernier voyage, l'ultime, celui où il y a le plus de suspense. Il faut que celui-là aboutisse sinon tous les autres n'auront servi à rien."

Si tout se passe comme prévu, vous devrez arriver à Abu Dhabi mardi, quelle sera la première chose que vous allez faire?

"Je vais d'abord remercier l'équipe, parce qu'on n'aurait jamais rien pu faire tout seul. On a vécu des moments très très émouvant ces dernières semaines. Et puis il faudra expliquer aux médias, au monde politique, que maintenant il s'agit d'aller plus loin. Il s'agit d'impliquer ces technologiques, d'avoir une société efficiente en énergie, qui utilise des technologies propres et des énergies renouvelables. Sinon, notre aventure restera un moment de science-fiction. L'implanter dans la réalité, c'est ça qui est fondamental."

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