Belgique: que représentent encore le "Mercredi des Cendres" et le Carême?

Belgique: que représentent encore le "Mercredi des Cendres" et le Carême?
Belgique: que représentent encore le "Mercredi des Cendres" et le Carême? - © Belga

Le lendemain du Mardi Gras correspond au début du jeûne du Carême pour les catholiques. Ce jour est appelé Mercredi des Cendres. Que représente ce jour pour les catholiques? En quoi consiste concrètement le Carême? Est-il encore observé en Belgique? Lisez cet article pour le savoir.

Après les festivités du carnaval, vient donc pour les catholiques le temps du Carême qui débute aujourd’hui par le Mercredi des Cendres.

A 40 jours de Pâques, le Mercredi des Cendres est censé être un jour de jeûne pour les pratiquants mais également un jour "où l’on reçoit les cendres", explique l’abbé Germain Bienaimé, doyen de Mons. "C'est un rite qui a un enracinement biblique, on se met des cendres sur la tête en signe de pénitence", explique-t-il. En général, une croix chrétienne est dessinée sur le front des fidèles avec les cendres.

Des pratiques qui ont quasiment entièrement disparues aujourd’hui en Belgique (cf. infra).

Plus concrètement, le Carême "c'est un entraînement à retrouver dans sa vie, à refaire de la place pour Dieu dans sa vie. Et pour Dieu et pour les autres, c'est-à-dire se recentrer sur l'essentiel, se désencombrer en quelque sorte", développe Germain Bienaimé. Un "entraînement" qui consiste principalement dans l'observation du jeûne et la pratique de la prière. "Le jeûne, c'est se restreindre, donc accepter d'avoir faim de nourriture terrestre pour avoir une autre faim, une faim spirituelle, une faim de Dieu et en même temps, c'est aussi une solidarité avec les peuples qui ont faim", poursuit l'abbé.

"Dans une époque de surconsommation, consommer moins et se concentrer sur l'essentiel fait sens"

Une pratique qui selon l’abbé Eric De Beukelaer, retrouverait un certain écho auprès des jeunes pratiquants. "Dans une époque de surconsommation, se reconcentrer sur l’essentiel, vivre plus sobrement et consommer moins fait sens auprès de ces jeunes", explique le Doyen de Liège. La dimension solidarité, "prendre du temps pour les autres" serait également bien accueillie dans "une époque de fort individualisme", nous confie l’ancien porte-parole des évêques de Belgique.

Ce dernier mentionne également un effet d’émulation issu de la pratique du ramadan. "Les jeunes chrétiens ont des amis musulmans qui sont très nombreux à observer le jeûne du ramadan. Cela les incite à redécouvrir leur pratique spirituelle également", ajoute ce dernier.

Aucune statistique n’est disponible sur l’observation spécifique du jeûne lors du Mercredi des Cendres en Belgique. Mais "dans tous les domaines, les pratiques sont en baisse du côté catholique, sur la pratique en générale comme sur la fréquentation des offices religieux", observe Anne Morelli, la directrice Centre interdisciplinaire d'étude des religions et de la laïcité de l’ULB.

Il y a donc très peu de chance qu’il en aille autrement pour les pratiques liées au Carême.

Seuls 4% des Belges se disent encore catholiques pratiquants

Une enquête du Crisp révélait ainsi qu’en 1977, 84% des Flamands, 74,9% des Wallons et 46,9% des Bruxellois se mariaient encore à l'église. Trente ans plus tard, ils ne sont respectivement plus que 28%, 28,4% et 7,2%, soit une moyenne de 21% pour l’ensemble du pays.

Des tendances similaires étaient constatées pour les baptêmes et les funérailles.

"Je me souviens qu’il y a une quarantaine d’années, il arrivait encore de croiser des personnes affichant ostensiblement une croix de cendres sur leur front en ce jour du Mercredi des cendres", se remémore Anne Morelli. La probabilité que cela arrive aujourd’hui est nulle, ou quasiment.

L’ouvrage "Autres temps, autres mœurs" fraîchement publié par les sociologues Liliane Voyé (UCL) et Karel Dobbelare (KUL) montre, lui, que les catholiques dits "actifs" (soit ceux qui se rendent au moins une fois par moi à l’Eglise) ne représentent plus que 4% de la population belge (3% en Wallonie et à Bruxelles).

Julien Vlassenbroek

Pour en savoir plus, réécoutez le reportage de Dominique Delhalle et Erwan Pastol, ci-contre.

 

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