Batibouw 2019: les Belges empruntent joyeusement pour construire

Le salon Batibouw a ouvert ses portes aux professionnels ce mercredi à Bruxelles et samedi il accueillera le grand public. Une occasion de faire le point sur ce secteur et ses perspectives. Tous les indicateurs sont dans le vert. La valeur ajoutée augmente, l’emploi aussi, les Belges empruntent joyeusement pour construire – 5,6 milliards d’euros en 2018. Et pour 2019, ça s’annonce plutôt pas mal, selon Julien Manceaux, économiste chez ING Belgique : « Ça devrait être légèrement supérieur à la croissance du PIB pour 2019, mais il faut quand même souligner qu’on attend une décélération de la croissance du PIB et de l’économie dans son ensemble, qui devrait finalement impacter le secteur à la fin de l’année et en 2020 ».

L’année passée, la dynamique a surtout été forte en Flandre — 80% des permis de bâtir — en particulier à la côte, avec la construction d’immeubles à appartements. À Bruxelles et en Wallonie, la construction neuve a été plus calme, mais selon Julien Manceaux, pas de raison de s’inquiéter en dépit d’une baisse de 6% par rapport à 2017, qui était, il est vrai, une excellente année pour la construction neuve en Wallonie.

« Maintenant, on reste, au niveau du nombre de permis, aux alentours de la moyenne des 10 dernières années. Il n’y a donc rien de dramatique sur ce qu’on observe. La moyenne des 10 dernières années, c’est 5500 permis à l’échelle de la région. Donc, a priori, on devrait être un peu en dessous des 6000 unités pour 2018, ça n’a rien d’une catastrophe ».

Et la rénovation ?

Les chiffres de 2018 montrent plutôt une tendance générale à la baisse des investissements des ménages dans la rénovation de leur logement, pour la Belgique en tout cas. C’est d’ailleurs un peu plus marqué en Flandre qu’en Wallonie ou à Bruxelles. « Et pourtant, le parc immobilier belge nécessite de gros investissements, notamment — mais pas seulement — dans l’isolation, pour une raison assez simple à comprendre » explique Robert de Mûelenaere l’administrateur délégué de la Confédération Construction.

« Nous avons en Belgique des bâtis, sinon même le bâti le plus vieux d’Europe, ce qui explique que nos bâtiments sont 70% plus consommateurs d’énergie que tous les pays qui nous entourent ».

Julien Manceaux plaide, lui, pour une politique fiscale qui favorise davantage la rénovation du bâti. D’autant que, dit-il, les années où les coups de pouce fiscaux en faveur de la rénovation ont été importants, il y a eu un impact net positif sur l’activité du secteur.

 

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