Bataille de millions autour de la chanson "Happy birthday to you"

La Warner ne veut pas lâcher sa poule aux œufs d'or, et on la comprend : grâce à son brevet, dès qu'un film, une publicité ou la radio utilise le célèbre air d'anniversaire, il vous faudra passer à la caisse. Le tarif oscille entre 700 et 1500 dollars en moyenne et peut atteindre des centaines de milliers de dollars pour certains cas. Par an, cela correspondrait à plus de deux millions de dollars de royalties minimum, rien que pour le continent nord-américain.  

Depuis plus de cinq ans maintenant, des plaignants s'oppose au géant californien, pour contrer ce qu'on pourrait qualifié d'hégémonie lucrative sans précédant. Le débat juridique est pointilleux car le contentieux initial date de plus de 120 ans.

Une histoire de domaine publique et de brevets 

Un petit rappel historique s'impose. La paternité reviendrait aux sœurs Patty et Mildred J. Hill, institutrices dans le Kentucky. Elles ont composé cette chanson par à-coups en confectionnant des balades pour leurs élèves. 

Elles déposeront les droits d'un recueil intitulé "Good Morning To All" en 1893, qui contient en fait une quinzaine de chansons, toutes basées sur la même mélodie, celle qui servira pour "Happy birthday to you". Le seul problème, c'est que le titre ne figure pas dans le recueil, il n'est donc pas protégé. Devenant populaire au début du 20e siècle, les deux sœurs ne profiteront jamais de leur succès, qui deviendra planétaire très rapidement.

Il tombe en 1921 dans le domaine public, 28 ans après que la mélodie ait été couché sur papier à musique, conformément au droit sur la propriété intellectuelle américaine.

Il faudra attendre 1935 pour que "The Summy Company" dépose officiellement la version du chant d'anniversaire. Pendant un demi-siècle, cette compagnie se remplit les poches sans le moindre effort. Et ce jusqu'en 1990; date du rachat de la compagnie par la Warner, pour plus de 15 millions de dollars (la valeur de "Happy birthday" est alors évaluée à cinq millions de dollars). 

63 pages à décharge 

C'est sous l'impulsion de l'universitaire Robert Brauneis que l'affaire a trouvé un second souffle. Il a d'ailleurs publié une étude détaillée, de plus de 63 pages, visant à prouver que la Warner outrepasse ses droits depuis des années.

La Warner se veut confiante, car si la justice leur donne raison, ils pourront encore profiter de leur position dominante jusqu'en 2030. Et on comprend mieux pourquoi la société de production ne veut pas lâcher du lest : son brevet européen expirera en décembre 2016. Hors de question donc pour le géant américain de laisser passer sa rente continentale.

Si la justice américaine donnait raison aux plaignants, cela aurait le gout d'une remise de bail de machine à sous pour la firme américaine.

Pour consulter l'article détaillé et les arguments de Robert Brauneis, cliquez-ici.

Mathieu Menif avec Rue89

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