Barrages lors des grèves: pourquoi la police tolère-t-elle ces actions?

Théoriquement, ces blocages ne sont pas admis. Il n’est pas permis d’entraver la circulation de la sorte. Mais dans la pratique, les manifestants ne seront pas délogés. Pourquoi la police tolère-t-elle des actions non autorisées?

Selon le porte-parole de la Police fédérale, "on est en Belgique dans un modèle qu'on appelle la 'gestion négociée de l'espace public'", explique Michael Jonniaux. "On peut constater qu'en général, ces actions sont tolérées par l'autorité administrative, ce qui permet quand même de les encadrer".

D'où concertation entre services de police et manifestants quant à la durée de l'action, à sa forme. "Alors que si on interdit pareille action, on risque de la retrouver à un autre endroit, un autre moment. Et ça devient beaucoup plus difficile à gérer", poursuit encore le porte-parole de la Police. 

Concertation, négociation et donc, dans une certaine mesure rapport de force. Par exemple, le bourgmestre d’Auderghem concerné par le blocage attendu du viaduc Herman Debroux dit ne pas être en position favorable, faute de de moyens.

"On pense à des hommes sur le terrain, à des auto-pompes et ce genre de chose", explique Christophe Magdalijns qui admet ne pas avoir cela au sein de la zone. "Quand on a des forces supplémentaires, on est peut-être en meilleure position pour négocier. Cette position, nous ne l'avons pas et nous en prenons acte". 

Les barrages de ce lundi seront donc tolérés. Mais évidemment, ce n’est pas une garantie d'impunité. Et en cas de débordement, de violence, de manifestants ou d’automobilistes, la police pourra procéder à des arrestations administratives.

Sébastien Georis

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