Baromètre Solidaris : après deux mois de confinement, les Belges veulent se retrouver, mais gardent le moral

Comme chaque année, Solidaris publie ce jeudi son baromètre "confiance et bien-être", afin d’évaluer le moral des Belges francophones au début du mois de mai. Avec une différence de taille cette année : quel a été l’impact de la pandémie de covid-19 ? Beaucoup craignaient que le confinement entraîne notamment des perturbations psychologiques, voire des traumatismes.

Mais selon les résultats de Solidaris, la situation est loin d’être dramatique : 20% des Belges jugent leur état de santé "très bon", contre 14% en 2019, et 24% seulement estiment avoir une "anxiété fréquente", contre 31% l’année passée. Solidaris estime que cela s’explique par "une meilleure qualité de vie" : 59% disent "manger équilibré" (46% en septembre 2019), avoir "moins d’insomnie" et prendre moins de médicaments. La mutuelle note que les personnes âgées, pourtant les plus susceptibles d’être victimes du covid-19, sont justement les personnes les mieux portantes.


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En revanche, la peur pour l’avenir est bien présente : les sondés sont inquiets de l’impact de la pandémie sur l’économie du pays (86%) ou sur la santé mentale des gens (80%). 73% pensent qu’il y aura des vagues successives et 48% sont angoissés à l’idée que l’on ne retrouvera pas notre vie d’avant. 60% des personnes disent avoir toutefois de l’espoir dans l’avenir, même si 45% ressentent également de la colère.

"Faire société"

Solidaris note une "envie de faire société" et surtout de retrouver sa famille après plusieurs mois de confinement : deux tiers des sondés estiment que "la famille est le seul endroit où on se sent détendu". Globalement, la confiance remonte envers les proches, la société civile, le corps médical ou encore les syndicats… mais pas les institutions politiques, 74% rejetant les partis et 70% les gouvernants. Seul un quart des sondés considère que "le gouvernement a bien géré la crise".


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A partir de ces constatations, Solidaris dresse cinq profils d’individus dans la société belge, classés suivant leur niveau d’espoir et de colère. Aux "nihilistes" (12%) qui ont de la colère mais peu d’espoir (beaucoup de personnes qui ont été au front, des femmes, des familles monoparentales, etc.), s’opposent les "conformistes confiants" (11%, essentiellement des hommes, pensionnés ou qui ont continué à travailler) ; entre les deux, on trouve une majorité de la population "inquiète mais qui garde espoir" (33%), "volontariste" (17%) ou "attentiste" (27%, ceux qui attendent de voir ce qui se passera).

"Tout se passe comme si, au cœur de cette déflagration des ressentis souterrains travaillaient les perceptions et les représentations sociales", conclut l’enquête de Solidaris, qui estime toutefois que "contrairement à ce qu’on pensait découvrir, on n’assiste pas à une forte montée du stress et de la dépression". La mutuelle estime que ces ressentis pourraient être "des bombes à retardement" et que désormais tout va dépendre de la gestion de l’après-crise par les autorités.

Un Belge confiné sur deux est en situation de mal-être psychologique (JT du 25/05/2020)

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