Baromètre: faire garder ses enfants, un véritable "casse-tête" pour les parents

Baromètre: faire garder ses enfants, un véritable "casse-tête" pour les parents
Baromètre: faire garder ses enfants, un véritable "casse-tête" pour les parents - © Tous droits réservés

La Ligue des familles publie son baromètre annuel des parents. Réalisé par Ipsos sur près de 1.300 parents, il mesure les évolutions positives et négatives de leurs conditions de vie. Hébergement des enfants, crèches, allocations familiales,... le baromètre a fait le tour des sujets de préoccupation. Au micro de La Première, la secrétaire politique de la Ligue des familles Delphine Chabbert est venue commenter ces chiffres. 

Garder ses enfants semble être la préoccupation principale des parents, pourquoi?

Delphine Chabbert: "Il y a un chiffre qui nous a interpellés: 1 parent sur 3 a besoin de faire garder son enfant avant 7 heures du matin - avant l'ouverture de la garderie - et 1 sur 3 après l'ouverture de la garderie. Quelle est ma vie quand je dois trouver des solutions de garde avant 7 heures du matin et surtout quand ces solutions n'existent pas ou très peu? Les parents sont face à un casse-tête, une course effrénée contre le temps. Les services éducatifs, comme les crèches ou les garderies ne répondent pas à ces besoins, et l'organisation sociale n'a pas pris la mesure de l'évolution des familles et des besoins des parents d'aujourd'hui."

Qu'est-ce qu'il faut adapter alors ?

Delphine Chabbert: "La première chose est répondre aux besoins urgents des parents. Il faut donc des solutions de garde de qualité et accessibles à tous les parents pour qu'ils puissent mener de front toutes ces vies. Il faut aussi un vrai débat politique et sociétal sur la parentalité en 2017. Qu'est-ce que c'est qu'être parent quand je suis famille monoparentale, que j'ai des ressources limitées et que je dois trouver des solutions en permanence? Quand on est deux, mais qu'on jongle avec des agendas? ? Quand on est recomposé et que la question de l'agenda se pose avec mes propres enfants, mais aussi avec mes beaux-enfants, mon ex, etc. ? On a une organisation du travail qui flexibilise davantage les parcours professionnels, et en même temps on ne va pas flexibiliser nos enfants à outrance, on ne va pas décaler nos enfants pour répondre à nos besoins professionnels."

Rester 10 heures, 11 heures ou 12 heures à la crèche ou à l'école, ce n'est pas trop bon évidemment?

Delphine Chabbert: "C'est même interdit. On a des règlements à l'ONE qui vérifient la qualité d'accueil des enfants et qui nous disent qu'un enfant ne peut pas être accueilli plus de 10 heures d'affilée. 10 heures, c'est déjà beaucoup! On parle d'enfants de moins de 3 ans. Il faut donc une vraie réflexion globale et sociétale pour avoir une vraie politique familiale, qui n'existe pas en Belgique. Et des politiques de soutien à la parentalité, qui passent par une meilleure harmonisation des temps de vie, le temps du travail, les temps sociaux, les temps d'accueil, les temps de l'enfant."

L'idée d'allonger l'école jusqu'à 17 heures pour tout le monde, est-ce une idée que vous soutenez ?

Delphine Chabbert: "Ce n'est pas forcément allonger l'école, mais c'est revoir les temps scolaires pour qu'on améliore l'accueil de l'enfant. Nous soutenons donc une meilleure organisation de l'école qui réponde à ces besoins de l'enfant, et notamment intégrer ses activités extrascolaires sur le temps de midi, ce qui correspond mieux aux besoins de l'enfant. Et rallonger un tout petit peu le temps de la journée, pour que les parents puissent souffler, que le rythme des enfants soit respecté et qu'ils aient accès à des activités extrascolaires de qualité. "

>>> Lire également: "Un enfant coûte bien plus que cher que ce qu'on reçoit des allocations familiales!"

"En effet, on le voit, l'extrascolaire est aussi le lieu de toutes les inégalités : entre les familles et les parents qui vont pouvoir payer des activités, emmener leurs enfants, etc., et les autres enfants qui vont se retrouver soi tous seuls devant une télé, soit dans des garderies pas forcément de qualité par manque de moyens."

Il y a un autre chiffre qui est assez interpellant : un parent sur 2 n'a pas entendu parler de la régionalisation des allocations familiales. Les montants et les systèmes vont être différents dès 2019  en fonction des régions, qu'on habite à Bruxelles, en Wallonie ou en Flandre. Ça veut dire quoi ?

Delphine Chabbert: "La première chose est de dire que les allocations familiales sont fondamentales dans le budget des familles. Les chiffres le montrent : pour 6 parents sur 10, c'est un budget important. Pour un sur 5, c'est un budget essentiel. Il ne faut donc pas se manquer. Ça fait plus de deux ans qu'on parle de cette régionalisation des allocations familiales. Nous, par exemple, la Ligue des familles, nous faisons le job. On en parle en permanence, on informe nos membres, mais ce baromètre nous montre que l'information grand public ne passe pas."

"Il y a donc l'enjeu aujourd'hui d'expliquer ce qui va se passer et de rassurer les parents. Quand on donne un peu les clés et les enjeux de ce futur changement, on voit qu'ils sont inquiets. Les familles les plus en difficulté sont les plus inquiètes. C'est-à-dire les familles qui ont des revenus modestes et les familles qui sont monoparentales, les femmes en particulier. Il est donc important de communiquer et d'avoir des réponses concrètes à donner aux parents. C'est ça qui manque aujourd'hui, surtout à Bruxelles. [Dans la capitale], on ne connaît pas l'avenir des allocations familiales, qui devraient changer dans moins de 2 ans."

Très concrètement, pourquoi les parents sont inquiets ? Parce qu'ils ont peur de toucher moins d'argent. Par exemple, s'ils habitent à Bruxelles, ils toucheront la même chose, voire un peu plus ?

Delphine Chabbert: "On n'a pas d'informations. Ce que l'on sait, c'est qu'ils ne toucheront très certainement pas moins, puisqu'on a prévu d'insérer l'action des allocations familiales dans la Constitution avec un principe de standstill, qui fait qu'ils ne pourront pas recevoir significativement moins. Je ne pense pas qu'un responsable politique aujourd'hui en Belgique oserait baisser les allocations familiales. Mais on a un système qui va être meilleur en Wallonie, qui va être meilleur en Flandre, qui va être meilleur en communauté germanophone. A Bruxelles, on ne sait pas. Il est donc temps aujourd'hui de se bouger, d'avoir des réponses et des réponses concrètes et rassurantes pour les familles."

 

La version complète du Baromètres des parents

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Reportage dans notre JT 13h de ce lundi :

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