Barcelona Express: Ophélie et Léa, enfin les pieds dans l'eau catalane

1500 kilomètres, en stop et en 5 jours. Voilà le défi que s'étaient lancés 400 Belges participant à la "Barcelona Express", pour relier, le pouce en l’air, Bruxelles à la ville catalane. Toute la semaine, nous vous avons proposé de suivre la course de l’intérieur, en suivant les aventures de Léa et Ophélie, 19 et 18 ans.

Samedi : l'arrivée à Barcelone

Ça valait bien un dernier selfie.

Parties mardi du pied de l'Atomium, Ophélie et Léa posent, quatre jours plus tard, bras-dessus bras-dessous, les pieds dans la Méditerranée. L'eau est à 24 degrés ; l'air à 28.

"Je suis super heureuse et en même temps un peu nostalgique, explique Léa, lainée des deux. Aujourd’hui on est montées dans la dernière voiture et on s’est rendu compte que l’aventure se terminait vraiment."

Fatiguées mais heureuses, les deux amies d’Éghezée viennent de boucler une longue course en auto-stop : 1500 kilomètres parcourus les pouces pointés vers le ciel français puis espagnol. Et des arrêts dans les villes de Nancy, Macon, Angoulême et Gerona. "C’est passé tellement vite, c’est incroyable."

A 18 et 19 ans, Léa et Ophélie faisaient partie des plus jeunes à relever le défi de la Barcelona Express. Cette inexpérience ne les a pourtant pas empêchées de terminer dans le premier tiers à l’arrivée.

"On n’avait jamais fait de stop et pourtant on a bien réussi, se satisfait Ophélie. On a toujours su trouver une solution, sans jamais galérer pendant des heures. Je suis vraiment fier de nous."

Une dernière fois, elles déplient leur tente, plantent les piquets, attachent les tendeurs. Une fois leur campement installé, direction la longue plage de ce camping de Barcelone, où se trouvent la petite dizaine d’équipes déjà arrivées.

Très vite, un terrain de beach-volley est monté, de la musique est joué, quelques verres de sangria fraîche sont servis. Une petite brise vient même rafraîchir cette après-midi ensoleillée.

Ophélie, Léa et 400 autres Belges s’étaient lancés le défi de relier Bruxelles à Barcelone en stop. Un défi entièrement réussi.

Mercredi à vendredi : l'autostop, c'est comme une boite de chocolat...

... on ne sait pas sur qui on va tomber!

Bon, la réplique tirée de Forrest Gump a été, juste un poil, adaptée à l'histoire de nos deux aventurières. Mais elle n'en reste pas moins vraie. Et rassurez-vous, pas de "mauvais chocolats" pour Léa et Ophélie, mais des rencontres pour le moins surprenantes!

"On a fait Arlon-Metz dans un camion avec un chauffeur Finlandais!, écrit Léa dans ses nouvelles quotidiennes. Il était super gentil et nous a fait la papote pendant tout le trajet." Un trajet - et un début d'aventure - qui était pourtant mal embarqué puisque pour boucler la première étape qui reliait Bruxelles à Nancy, les deux jeunes femmes d’Éghezée ont dû monter dans pas moins de... onze véhicules! "Une journée bien chargée..."

Heureusement pour elles, la suite a été plus simple. Dès le lendemain, elles n'ont eu besoin que de "quatre véhicules pour aller jusque Pont-de-Vaux (entre Chalon-sur-Saône et Mâcon), continue Léa. On a même fini 22e du jour, sur 102 équipes."

Hier, elles ont continué à filer vers le sud les deux pouces en l'air en rejoignant Avignon et, cet après-midi, elles traverseront la frontière espagnole pour se rendre à Girona.

A un jour et demi de la fin de la Barcelona Express, Ophélie et Léa retiennent d'ores déjà une rencontre des plus improbables : "On a parcouru 257 km en compagnie de Marcus. Il est Polonais et Allemand, mais ne parle ni français, ni anglais... Google Traduction fut notre meilleur ami!" Merci qui? Merci Google

Mardi : le grand départ

"Est-ce que ceux qui sont au fond m’entendent bien ?" Avec son mégaphone, cette organisatrice essaye tant bien que mal d’attirer l’attention de tous les candidats. Car le moment est important : il s’agit d’expliquer les consignes globales de la course et les règles particulières de la première étape.

En face, un peu dispersés sur la pelouse, les 250 aventuriers qui s’apprêtent à rejoindre Barcelone en stop et en cinq jours. A leurs pieds, évidemment, leur sac à dos, leur duvet, leur toile de tente, tous de couleurs différentes. Mais aussi ce qui leur servira de pancarte pour inscrire les villes où ils souhaitent se rendre. "Option tablette blanche Velleda pour nous, expliquent Ophélie et Léa, arrivées sous les boules de l’Atomium à 7h30. Une seule pancarte pour tout le trajet."

Après être passées par le stand de couques et de jus de fruit, nos deux voyageuses reçoivent deux sacs après leurs inscriptions. "Ici, il y a les t-shirt officiels de la course, deux assiettes, une gourde et un carnet avec les consignes de sécurité", analyse Léa. "Et là, le boitier GPS grâce auquel on va être localisées en temps réel, poursuit Ophélie. Pour l'organisation, nous-mêmes et nos proches, c'est évidemment une grosse sécurité"

Il est 9h30. Dernier coup de mégaphone de l'organisation. La première destination de cette course longue de 1500 km est connue : il s'agit de Nancy.

Très vite, Ophélie et Léa se concertent, regardent leur carte et surtout, où se dirigent les autres participants. "Tout le monde part vers le haut, du coup on va essayer vers le bas du Heysel. On va essayer d'abord de sortir de Bruxelles, espère Ophélie. Si on trouve quelqu'un pour nous déposer à Delta, ce serait idéal!"

Un idéal qui n'attendra même pas 3 minutes pour apparaître sous la forme d'une Volvo noire. Direction Delta pour nos deux aventurières, avant de rejoindre la France.

Lundi : la veille du départ

"La technique, c’est de tout rouler ensemble." A l’heure des préparatifs, Ophélie fait jouer son expérience de guide scout pour faire rentrer dans son sac rose tout un tas d’affaires : plusieurs débardeurs, quelques maillots de bain, des shorts, un pull et un K-Way "au cas où". A cela, il faut évidemment ajouter un nécessaire de toilette et un kit de soin, qu’Ophélie a décidé de partager avec sa coéquipière. "Avec Léa, on a eu l’idée de se partager les charges. On ne va aussi prendre qu’un gel douche pour deux car l’important, c’est de voyager léger." 

Léa habite à 100 mètres de chez Ophélie, dans la banlieue d'Eghezée, et elle aussi boucle ses bagages, avec notamment des mouchoirs "pour parer un éventuel manque de papier toilette" et surtout sa casquette, "la première chose que j’ai pensé à prendre." C'est que les prévisions annoncent une trentaine de degrés et un grand ciel bleu tout au long du parcours.

Les deux sacs à dos, solidement fermés, sont posés à l’entrée de la maison de Léa, bien en évidence, juste à côté de trois autres sacs à ne pas oublier : deux duvets et une tente, sous laquelle dormiront, chaque nuit, nos deux aventurières.

Dehors, sur la table de jardin, une carte de France est ouverte. Les deux candidates suivent du doigt différents itinéraires. "Je me demande par où ils vont nous faire passer ?", se demande l’une. "Ils nous ont dit qu’il n’y avait pas grand-chose à côté des endroits où on allait dormir", répond l’autre.

Si l'itinéraire est inconnu, c'est parce que l'organisation ne donnera que chaque matin, la nouvelle destination où devront se rendre les candidats en fin de journée. Et pour chaque étape, deux mêmes règles imposées : les trajets doivent se faire en stop et les candidats doivent embarquer à bord de trois véhicules, au minimum.

A la veille du grand départ, ni Léa ni Ophélie ne savent donc où elles seront envoyées, mais aucune ne s'inquiètent vraiment. "A quelques heures du départ, on ressent plus de l'excitation que de la peur. On n'arrive pas à croire qu'on se lance dans cette aventure."

Une grande aventure pour Ophélie, Léa et leur mascotte Thumbsy, avec un grand départ ce mardi matin, sous l'Atomium.

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