Barbara Hendricks applaudit "Youth for climate": "À quoi ça sert d'avoir un diplôme si on ne peut pas respirer?"

Barbara Hendricks : "La responsabilité des citoyens n'a jamais été aussi grande"
Barbara Hendricks : "La responsabilité des citoyens n'a jamais été aussi grande" - © Tous droits réservés

Chanteuse lyrique, une des cantatrices les plus réputées au monde, ambassadrice pour les réfugiés aux Nations Unies, Barbara Hendricks est l’invitée du Grand Oral RTBF/Le Soir ce samedi 26 janvier sur La Première. Dans le cadre d’une visite au hub humanitaire de la Gare du Nord et au parc Maximilien, elle aborde la cause des réfugiés, mais aussi le combat pour le climat porté par les jeunes.

La cause des réfugiés touche particulièrement Barbara Hendricks. Ambassadrice de bonne volonté des Nations Unies pour la cause des réfugiés, elle leur rend régulièrement visite, souvent dans des camps. Ce jeudi, elle s’est notamment rendue au Parc Maximilien. Des expériences qui la marquent au fer rouge et dont elle parle avec beaucoup d’émotion. « J’ai visité pour la première fois les camps de réfugiés, et j’ai vu des enfants. Je ne pouvais pas m’empêcher de mettre le visage de mes enfants à leur place. Vous savez, personne ne pousse ses enfants dans un bateau. À moins de sentir que la mer est plus sûre que la terre. »

Et c’est sur base de constat qu’elle souhaite interpeller les responsables politiques. « Qu’est-ce que vous allez faire si ce sont vos enfants ? Je crois que c’est ça que je dirais aux responsables politiques : quel est l’accueil que vous aimeriez si vous étiez dans la même situation ? La chance d’être né dans un pays sans danger ne donne pas le droit de rejeter les réfugiés comme s’ils ne faisaient pas partie de cette famille qu’est l’humanité. »

Elle rappelle également qu’aujourd’hui, ce sont les citoyens qui peuvent vraiment changer les choses. Elle prend en exemple une famille qui accueille des réfugiés et qu’elle a rencontrée quelques heures plus tôt. « Eux aussi, au début, ils avaient un peu peur, mais ils ont osé le faire et leur vie est enrichie, enrichie pas ces rencontres. »

La responsabilité de chacun

Quand on lui demande qui sont les grands de ce monde qu’elle aimerait voir dans une pièce pour trouver des solutions aux différents défis auxquels nous devons faire face, Barbara Hendricks ne compte plus sur les décideurs politiques. « La responsabilité des citoyens de sauver la démocratie est plus grande aujourd’hui que jamais. C’est à nous, les citoyens, d’un peu forcer le jeu. De ressaisir la démocratie, de ressaisir l’activisme citoyen. » Et l’enjeu du climat n’échappe pas au principe. « Heureusement que les jeunes se lèvent. Une journée qui est ratée à l’école, ce n’est pas grave. Parce que manifester, c’est aussi de l’éducation, c’est de l’activisme, l’éducation de prendre leurs responsabilités pour l’avenir. À quoi ça sert d’avoir un diplôme en mains si on ne peut pas respirer l’air ? Si on ne peut pas boire l’eau ? Si on est tous malades, si on a des guerres et des conflits à cause d’une pénurie de ressources ? Ces jeunes nous disent à nous, les adultes, qu’il faut faire quelque chose. Et il faut les écouter. »

Elle a dit

- Sur la montée de l’extrême droite en Europe : « Je crois qu’on a laissé le devant de la scène à des gens qui sont des vendeurs de la peur. Il ne faut pas laisser le monologue à ceux qui ont peur. Ceux qui n’ont pas peur devraient aussi parler haut et fort. »

- Au sujet du libéralisme : « Je n’ai pas de problème avec les gens qui ont de l’argent. Mais faire en sorte que les gens se lèvent le matin, travaillent et n’arrivent quand même pas à nourrir leurs enfants, je crois qu’il y a un problème dans le système. »

- A propos de Donald Trump : « Il n’est pas à la hauteur d’être Président des États-Unis. Il n’étudie pas les dossiers, il n’a de vision. Mais je crois que tout ce qui arrive dans la vie a une raison, si on la saisit. »

- En parlant du climat : « Nous sommes quelques minutes avant minuit. Si on n’écoute pas, peut-être qu’on ne mérite même pas de survivre. »

- A propos de la surconsommation : « Ce n’est pas nécessaire de faire une concurrence entre l’âme et l’estomac. Parce que l’âme est toujours là quand le ventre est vide et quand le ventre est plein. Pour moi c’est la première chose à nourrir. Qui suis-je comme être humain ? Qu’est-ce que ça vaut ma vie ? Nous sommes ici pour laisser quelque chose derrière, et ce ne sera pas avec les objets. »

- Par rapport à la situation du monde : « Ce n’est pas Dieu qui nous a laissés tomber. C’est nous qui avons laissé tomber Dieu. »

- Au sujet de la situation des réfugiés : « Vous savez, personne ne pousse ses enfants dans un bateau. À moins de sentir que la mer est plus sûre que la terre. »

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