#balancetonsport dénonce le sexisme dans le sport : "Les athlètes ont peur de représailles", constate la judokate Lola Mansour

Avec #balancetonsport, un collectif de sportives dénonçait début mars le sexisme dans le sport. Ce mardi, le collectif publie une lettre ouverte, cosignée avec des sportifs/sportives de haut niveau, des soutiens académiques et associatifs. Y sont dénoncés, notamment : les projecteurs braqués presque uniquement sur les sportifs masculins, les inégalités salariales et les violences sexistes et psychologiques.

Le sport reste un milieu assez fermé

Lola Mansour, judokate et initiatrice avec Charline Van Snick du mouvement, était l’invitée ce mardi de Matin Première. Elle dénonce une "omerta" sur les comportements et violences sexistes dans le sport. "Le sport reste un milieu assez fermé. Quand il y a des violences ou des abus, ça sort rarement du milieu, à cause de cette capacité qu’ont les athlètes à tolérer la souffrance. Mais aussi parce que les Fédérations ne prennent pas leurs responsabilités. Si une athlète rencontre un problème, elle ne sait pas vers qui se tourner. En plus elle est souvent dépendante d’un contrat précaire. L’athlète ne va pas sacrifier son rêve de médaille, de carrière, pour faire valoir ses droits".


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Le but de #balancetonsport, explique-t-elle, est de libérer la parole. "Mais c’est très difficile. On l’a encore vu rien que pour cette carte blanche. Ça a été très intéressant d’aller à la recherche des signataires et de voir les réactions. Les athlètes avaient peur de représailles. Il y a un certain diktat des sponsors aussi".

Des abus, des violences… Lola Mansour dénonce aussi le "sexisme ordinaire": "Il y a des abus de langage qui ne sont pas recadrés. S’ils étaient aussi sévères pour les retards de leurs athlètes que pour les dérapages sexistes, on avancerait déjà".

Il faut une profonde remise en question, des autorités, mais aussi de nous-mêmes

Au-delà de ce sexisme des gestes et des paroles, la judokate pointe le manque d’investissements dans les équipes et athlètes féminines. "On est en droit de se poser certaines questions. Dans le judo par exemple, les équipements nationaux sont faits selon des standards masculins. Les filles se débrouillent avec, et on a l’air d’être dans des sacs de couchage".

Et de pointer également la responsabilité des médias : "Il y a un gros décalage entre la diffusion des équipes féminines et masculines".


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Comment faire, alors, pour faire progresser les mentalités et pratiques ? "Il faut une profonde remise en question, des autorités, mais aussi de nous-mêmes : on a parfois accepté des situations ou reproduit des choses qu’on n’aurait pas dû faire. Au quotidien, il faut être plus attentifs et attentives aux mots qu’on utilise. Dans la politique, dans la gestion des clubs, il faut inclure les femmes".

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