Baisser la TVA sur les tampons de 21% à 6%?

La France a fait le pas en décembre 2015, sera-ce bientôt le tour de la Belgique, après l'Espagne, les Pays-Bas ou encore le Royaume-Uni?

Tous ces pays ont décidé de réduire la TVA sur un produit utilisé par des millions de femmes chaque mois: les protections périodiques. En Irlande et au Canada, elle a été supprimée. En Belgique, les défenseurs de cette idée commencent à leur tour à se faire entendre.

Produit de luxe ou de première nécessité?

Celle qui s'est lancée en premier dans la bataille en Belgique, c'est une jeune femme de 21 ans, Ana Seré, étudiante en communication à l'IHECS (Bruxelles).

Choquée de constater que les tampons et autres serviettes hygiéniques sont taxées à 21%, comme des produits de luxe, elle décide de lancer une pétition en ligne pour exiger que la Belgique "cesse de taxer les règles".

Objectif : récolter 5000 signatures. Après 3 mois, son pari est en passe d'être réalisé. Mais c'est surtout au ministre des Finances qu'elle fait appel aujourd'hui, pour qu'il mette ce sujet sur la table du gouvernement.

"Je pense que c'est important de diminuer cette taxe parce que c'est tout à fait absurde qu'il existe une liste de produits de première nécessité... et que ces produits ne soient pas inclus dedans! Or des produits comme le chocolat se retrouvent dans cette liste des "6% de TVA", or le chocolat, ce n'est pas aussi important. Cette taxe est également sexiste car cela ne concerne que les personnes qui ont leurs règles. Finalement, on est taxées pour avoir ses règles!"

70 eurocentimes d'économies par mois

En cas de baisse de la TVA à 6%, un paquet de tampons de marque coûterait environ 70 cents de moins par mois. L'économie serait encore plus faible sur un paquet de serviettes hygiéniques ou de produits de marques distributeurs. Une économie minime donc. Mais là n'est pas l'objectif de son collectif "Belges et culottées".

"L'économie n'est pas énorme, certes, mais du coup cela impacterait peu le budget national. C'est un combat qui est accessible. De toute façon, toute inégalité est inacceptable. Ce n'est pas parce que je ne me bats pas contre quelque chose d'atroce comme les mutilations génitales que ce n'est pas important. Quelque chose de sexiste n'a pas lieu d'être en Belgique."

Le PS embraie au Parlement

Aujourd'hui, le PS et le sp.a se font le relais politique de cette mobilisation. Plusieurs députés socialistes s'apprêtent à déposer une proposition de loi en ce sens ce jeudi au Parlement fédéral. "Ca me semble tellement aller de soi ", explique Fabienne Winckels, députée fédérale PS.

"Pour plus d'égalité d'abord: il est important de diminuer ce taux de TVA car pour les femmes, il s’agit bien d’une dépense indispensable. Aucune femme, de la puberté à la ménopause, ne peut aujourd’hui faire l’économie d’une protection hygiénique. Cela permet d'augmenter le pouvoir d'achat des femmes et c'est aussi un signal important en termes de santé, car on voit bien qu'au plus on peut se changer, au plus on a une hygiène corporelle, au moins on encourt des risques point de vue santé."

Choix politique

Interrogé en commission par une autre députée socialiste, Nawal Ben Hamou, le ministre des Finances s'est montré compréhensif face à cette demande. Tout en restant très évasif. "Je comprends parfaitement votre réaction", a affirmé Johan Van Overtveldt.

"Dans le cadre d’une étude plus large de la problématique, le taux de TVA d’application pourrait être revu après concertation au sein du gouvernement et la prise éventuelle d’un arrêté royal modificatif." Le PS espère être rejoint par l'ensemble des femmes députées (et leurs homologues masculins) sur cette question, même si les socialistes sont sur les bancs de l'opposition. Pour l'instant, le coût de cette mesure n'a pas encore été chiffré par le ministre. En France, elle "coûtera" environ 55 millions d'euros par an à l’État.

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