Baisse de la fertilité : la plupart des couples devront-ils recourir à la PMA en 2045 ?

C’est une étude israélienne qui tire à nouveau la sonnette d’alarme : elle affirme que le taux de fertilité dans les pays occidentaux a baissé drastiquement de 1973 à 2011. La concentration de spermatozoïdes aurait ainsi chuté de 59%, passant de 99 millions par millilitre de sperme il y a 50 ans à 47,1 millions en 2011. Selon l’étude de l’Hebrew University of Jerusalem, si la baisse se prolongeait, il n’y aurait quasiment plus de spermatozoïdes en 2045… et la majorité des couples devraient donc recourir à la PMA, la procréation médicalement assistée.

Au centre de reproduction humaine de l’UZ Brussel, où l’on réalise plus de 8000 traitements par an, les avis sont moins pessimistes. "Aujourd’hui, on est déjà contents avec une concentration de 50 millions de spermatozoïdes alors qu’à l’époque, c’était 75 millions, note le docteur Christophe Blockeel, chef du centre. Mais avec 15 millions de spermatozoïdes, il y a plus qu’assez pour avoir une fécondation normale, donc je crois que c’est un peu exagéré."


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Pourtant, c’est une certitude, la qualité du sperme dans les pays occidentaux baisse, et ce depuis longtemps. A ce sujet, une étude de l’université de Genève pointe un responsable : les perturbateurs endocriniens, ces substances contenues dans beaucoup des produits industriels, de l’hygiène à l’alimentation. Parmi ceux dont on parle le plus : les dérivés du chlore, le bisphénol A, ou encore les phtalates. Ce serait lors du développement des bébés mâles dans le ventre de leur mère que ces substances agiraient sur la qualité du sperme. L’université de Jérusalem évoque également l’influence de certains modes de vie, du surpoids ou du manque d’activité physique.

Cependant, il n’y a pas qu’au niveau du sperme que la situation est préoccupante. En Belgique, de plus en plus de femmes quadragénaires viennent en consultation pour des problèmes de fertilité. "C’est dû au report de l’âge de la première grossesse dans nos pays occidentaux. Il est important de considérer la problématique dans l’ensemble ! Si on regarde chaque élément séparément, c’est déjà inquiétant, et si on regarde dans la globalité, ça devient alarmant."

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