Des bactéries multirésistantes dans les hôpitaux? "Pas d'affolement"

Bactérie multirésistante dans les hôpitaux : "pas d'affolement"
Bactérie multirésistante dans les hôpitaux : "pas d'affolement" - © LUC CLAESSEN - BELGA

Paul d'Otreppe, président de l'Association belge des directeurs d'hôpitaux, s'est voulu rassurant aujourd'hui concernant l'apparition d'une bactérie multirésistante dans les hôpitaux. Des chercheurs australiens ont lancé l'alerte après avoir découvert trois variantes d'une redoutable bactérie, mais pour Paul d'Otreppe, il n'y a pas de quoi s'affoler.

"Ce problème des bactéries multirésistantes est clairement dans la tête de tous les gestionnaires d'hôpitaux, précise-t-il. Ce n'est ni nouveau ni quelque chose qu'on ne peut pas anticiper".

Augmentation du risque

Pourtant, Paul d'Otreppe reconnaît que le risque augmente : "Clairement, la réorganisation des hôpitaux va les amener à concentrer des pathologies qui vont augmenter le risque pour des questions de bonne gestion. Mais d'un autre côté, les hôpitaux investissent de plus en plus dans tout ce qui est hygiène hospitalière, la recherche est aussi un élément fondamental dans ce domaine-là".

Mesures d'hygiène et recherche

La confiance serait donc de mise : "D'un côté, la menace augmente, ceci n'en est qu'un exemple, mais d'un autre côté les moyens mis en œuvre coordonnés par la santé publique, tout ce qui est accréditation, recherche qualité, bonnes pratiques pour contrer ce genre de menaces sont au même titre des solutions qu'on peut amener au jour le jour".

Également directeur de la clinique Saint-Luc à Bouge, Paul d'Otreppe ne doute pas que les mesures d'hygiène et la recherche permettront de vaincre ce genre de bactéries.

Tests négatifs à Erasme

À l'hôpital Erasme à Bruxelles, les spécialistes ont réalisé des tests pour détecter l'éventuelle présence de cette bactérie appelée staphylocoque epidermidis, mais aucun ne s'est révélé positif.

"Ce germe est relativement peu agressif, précise le Dr David Grimaldi, intensiviste à l'hôpital Erasme, et il est assez rare aux soins intensifs qu'on soit confrontés à une infection avec le staphylocoque epidermidis, même si ça peut arriver occasionnellement".

D'autres problèmes

Pour ce spécialiste, d'autres bactéries sont beaucoup plus inquiétantes. "Le principal problème depuis une dizaine d'années, ce sont les entérobactéries, les bactéries qu'on trouve naturellement dans le système digestif des patients", explique le docteur Grimaldi.

Pour éviter toute propagation, et comme pour toute autre bactérie, des mesures de précautions sont nécessaires. Un travail sur la réduction des antibiotiques et donc nécessaires chez les médecins mais aussi chez les vétérinaires.

Le professeur Jacques Creteur, chef de service aux soins intensifs à Erasme insiste: "Certains groupes ont prédit qu'en 2050 il y aurait 10 millions de morts par an d'infections à bactérie multirésistante. C'est plus que les décès dus au cancer, donc c'est un véritable problème de santé publique".

Réglementer l'usage des antibiotiques

"On parle beaucoup de la résistance aux antibiotiques, mais ces bactéries sont également capables d'acquérir des résistances aux produits de désinfection", ajoute le David Grimaldi. Tous réclament donc une prise de conscience au niveau politique face à l'utilisation des antibiotiques.

De leur côté, les firmes pharmaceutiques travaillent sur d'autres molécules, mais la lutte s'annonce complexe face à ces bactéries résistantes.

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