B-Life: un laboratoire mobile belge de haute technologie contre Ebola

Un laboratoire mobile belge contre Ebola
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Un laboratoire mobile belge contre Ebola - © DR

Le conseil des ministres a approuvé l’envoi d’une équipe de B-Fast et d’un laboratoire mobile en Guinée pour lutter contre la propagation du virus Ebola. Ce laboratoire est un bijou de technologie. C’est le fruit d’une collaboration entre la Défense, l’Université catholique de Louvain, des PME belges, le Luxembourg et l’Agence spatiale européenne.

Ce laboratoire, baptisé "B-Life" (Biological Light Fieldable Laboratory for Emergencies) est doté d’outils de communication par satellite. Il permettra d’analyser des échantillons sanguins de patients touchés par Ebola. Les personnes infectées bénéficieront d’un traitement expérimental sous forme d’antirétroviraux. B-Life travaillera en synergie avec Alima, une ONG française, à Nzérékoré, dans le sud de la Guinée.

"C’est le début d’une grande aventure", s’exclame le professeur Jean-Luc Gala, qui nous reçoit dans son bureau de l’École de Santé publique, sur le site de Louvain-en-Woluwe. Au porte-manteau, son uniforme de colonel côtoie sa blouse blanche de médecin. C’est que Jean-Luc Gala, qui va emmener l’équipe de B-Fast, a une double casquette. Il est médecin militaire et professeur à l’UCL. Avec son équipe, il a conçu ce laboratoire mobile capable d’intervenir rapidement en cas de crise humanitaire naturelle (une épidémie) et même accidentelle (une attaque bioterroriste par exemple).

Dans le couloir, les caisses s’accumulent, ainsi que de mini-conteneurs. Le laboratoire mobile B-Life se trouve à l’intérieur. C’est une sorte de tente légère, avec une structure métallique. Il est facilement transportable, se monte en quelques heures et peut être utilisé au cœur de la jungle. Il intègre des technologies de pointe permettant d’envoyer en temps réel, par satellite, des informations aux experts qui gèrent la crise à distance, par exemple en Belgique, à l’Institut de médecine tropicale d’Anvers. L’équipe de B-Fast sera responsable du soutien logistique.

Héros ordinaires

Jean-Luc Gala a déjà repéré, grâce aux images satellites, le campement où B-Life sera installée. Il côtoiera trois grandes tentes où les patients seront répartis selon leur degré de dangerosité : infection suspecte, probable ou avérée. Dans le labo, les experts en génétique moléculaire analyseront avec d’infinies précautions des échantillons sanguins de ces patients, afin d’infirmer ou de confirmer leur contamination, et permettre de prescrire un traitement.

"Mon équipe est composée de jeunes scientifiques volontaires. Ce sont des héros. Ils ont parfois des enfants. Pas question de mettre leur vie en danger" insiste le Pr Gala.

La procédure de sécurité sanitaire est très stricte : "Ils s’exposent à un risque mortel, même si de nouveaux traitements sont en cours d’expérimentation et peut-être bientôt les vaccins, Ebola reste une maladie mortelle. Les échantillons qui rentrent dans le laboratoire sont 'nettoyés'. Dès leur arrivée, ils sont introduits dans une 'boite à gants' sous pression négative qui isole complètement l’opérateur de l’échantillon, cet échantillon est alors ouvert dans cette boite à gants, et l’échantillon lui-même est inactivé de telle sorte que si virus il y a, le virus est détruit.

Et c’est seulement et seulement si toutes ces mesures de précaution ont été prises que l’on peut ressortir l’échantillon pour sa préparation finale et pour la détection du virus Ebola."

Les patients infectés recevront des antirétroviraux, et il faudra répéter les analyses de sang sur eux, pour voir si le traitement fonctionne, et si la charge virale diminue.

Traitements porteurs d’espoir

Pour le Pr Gala, la grande différence avec le début des interventions internationales autour d’Ebola, c’est qu’à présent, les traitements commencent à arriver, porteurs d’espoir pour les patients. Au début de l’épidémie, le seul recours des médecins c’était d’isoler les patients, en espérant une guérison spontanée. Ce qui a provoqué des réactions de peur et de rejet de la population locale, qui refusait parfois de se rendre dans les centres de santé.

Le traitement qui sera administré semble très prometteur au stade expérimental. C’est l’une des nouvelles lignes thérapeutiques, à côté de l’administration de sérum humain, une expérience pilotée par l’Institut tropical d’Anvers et qui va se faire en Guinée-Conakry. "Les Belges n’ont vraiment pas à rougir de leur implication dans la lutte contre le virus Ebola !" conclut le Pr Gala.

L’équipe de B-Fast s’envolera le 20 décembre prochain. La mission durera un mois, renouvelable après évaluation.

Francoise Wallemacq

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