Avortement sélectif: l'Europe aussi préfère les garçons

On savait les asiatiques plus enclins à avoir des garçons. Pas étonnant donc si l'Inde, la Chine ou le Vietnam se trouvent dans le top 10 des pays dont le ratio filles/garçons est le plus inégal. 

Ce qui est plus surprenant par contre, c'est qu'ils se partagent le top 10 avec des pays... européens. 

Un classement des pays selon leur ratio filles/garçons réalisé par la CIA montre en effet que plusieurs pays européens (Liechtenstein, Albanie, Arménie, Macédoine, Georgie, Kosovo) semblent pratiquer l'avortement sélectif. 

Dans ces pays on observe un ratio de plus de 110 garçons pour 100 filles, alors que le ratio normal est de 104-106 garçons pour 100 filles, selon une ONG

 

Ces données montrent qu'au Liechtenstein, 126 garçons naissent, pour seulement 100 filles. Chiffre étonnant... et sans doute discutable vu la taille du pays. Cela étant, la situation dans les pays balkaniques est bel et bien préoccupante. 

Les filles coûtent plus cher

En Inde ou au Pakistan, le fait d'avoir une fille représente bien souvent un poids financier. Les parents doivent s'acquitter d'une dot pour la marier. La jeune fille quitte alors le foyer qui l'a nourrie depuis sa naissance pour aller vivre dans la famille de son époux. Inversement, les garçons contribuent à la subsistance de leur propre famille. 

Dans ces pays asiatiques, les infanticides à la naissance et autres avortements sélectifs, aussi révoltants soient-ils, s'expliquent donc par certaines structures sociales et par la misère des populations. 

Mais qu'est-ce qui justifie de tels comportements en Europe ? D'après Amnesty, ce serait apparemment les mêmes raisons financières qui pousseraient les familles à se débarrasser des filles. Le site avortementivg.com estime pour sa part que ces pratiques s'expliquent par "mentalité traditionnelle" de ces pays, où les garçons sont considérés à la fois comme les soutiens et les héritiers de la famille.

Un démographe du Centre pour la Population et le Développement (CEPED) analysait pour lepoint.fr que cette tendance à la sélection prénatale est probablement amenée à se développer à l'avenir, au fur et à mesure de l'extension des services médicaux, "dans tous les pays où existe une demande latente de naissances masculines", comme au Moyen-Orient par exemple. 

A. Degand

 

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