Avoir à 18 ans trois ans d'expérience professionnelle, c'est possible

Maraîcher : un métier qui offre une certitude de trouver un emploi
Maraîcher : un métier qui offre une certitude de trouver un emploi - © LUDOVIC MARIN - AFP

Selon le dernier rapport de l'office statistique de l'Union européenne Eurostat, la Belgique détient le taux d'emplois vacants le plus important de la zone euro (3,5%).

L’IFAPME est un institut wallon de formation en alternance des indépendants et petites et moyennes entreprises. Interrogée sur La Première, Nathalie Bourmadis, porte-parole de l’IFAPME, explique qu'il y a beaucoup de métier qui offrent une quasi-certitude de trouver un emploi : "Dans les métiers de bouche, il y a boucher et charcutier. On peut aussi parler de l’Horeca et du maraîchage, maraîcher bio, on a technicien chauffagiste, magasinier, constructeur-monteur de bâtiments en structure bois, mécanicien polyvalent. Je vous invite à aller voir le site ifapme.be, où vous aurez toute la liste de ces métiers en pénurie, mais aussi des métiers d’avenir, donc pour lesquels on projette une pénurie dans le futur".

"A l’IFAPME on est très attentif au numérique, et notamment qu’il s’intègre dans tous les métiers. Dans la mécanique, on utilise aujourd’hui un ordinateur. Le métier de technicien en systèmes d’usinage évolue. Dans la construction, on utilise le drone. Donc, tous les métiers évoluent et l’IFAPME est très attentif à intégrer vraiment le numérique partout dans ces métiers qui ont évolué au fil du temps" poursuit-elle.

Les langues

L'importance de l'apprentissage des langues "dépend du type de métier que l'on veut exercer et si on veut travailler à l’étranger ou pas. Mais ce que je conseille, c’est de se former par la pratique. C’est-à-dire que ce qu’on propose à l’IFAPME, c’est de se former quatre jours par semaine en entreprise et un jour dans le centre IFAPME. Par exemple, imaginons le jeune qui a 15 ans, qui arrive à l’IFAPME, qui termine son cursus à 18 ans, il a déjà trois ans d’expérience derrière lui, donc c’est énorme. Il arrive sur le marché de l’emploi vraiment avec cette plus-value, ces trois ans d’expérience, alors qu’il a à peine 18 ans".

"L’IFAPME ne propose pas que des métiers dans l’artisanat, on a aussi comptabilité (qui est repris aussi par le Forem comme métier en pénurie), on a relations publiques, on a des métiers aussi dans l’informatique. Il y a aussi les métiers de services, comme directeur de maisons d’enfants, et ça s’adresse aux jeunes, mais aussi aux adultes" précise-t-elle.

"Les jeunes qui sortent de chez nous avec un diplôme, en même pas six mois 80% trouvent déjà un emploi. Je pense que les parents poussent peut-être leurs enfants à étudier à l’université. Mais à l’IFAPME, on voit parfois des gens qui arrivent avec un diplôme universitaire. Mais, ne trouvant pas de travail, ils veulent se former par la pratique à l’IFAPME, ou parfois changer de métier également".

Stage plus long

Certains métiers ont un problème d’attractivité, admet Nathalie Bourmadis : "Il faut savoir par exemple qu’un boulanger a des horaires très différents de quelqu’un qui travaille comme secrétaire. Il y a aussi des déplacements, donc il y a des postes qui sont vacants peut-être en Flandre et les Wallons ne sont peut-être pas vraiment prêts à se déplacer ou à faire plus de 50 kilomètres par jour. Mais je pense qu’il y a une certaine méconnaissance, en tout cas à mon sens, et qu’on doit vraiment travailler sur ce fait-là. Il y a une enquête Forem qui est sortie récemment et qui montre que les diplômes de l’alternance permettent de s’insérer plus rapidement et plus durablement à l’emploi que les diplômes universitaires. Donc, là aussi il a peut-être un effort à faire au niveau de l’université par exemple pour permettre un stage beaucoup plus long en entreprise et peut-être déboucher sur des postes plus facilement".