Avec la fin du plan hiver bruxellois, des familles se retrouvent à la rue

Leila a deux enfants de quatre et cinq ans. Après une séparation, elle est arrivée samedi au Samusocial de Bruxelles. Durant deux jours, elle a été accueillie de jour comme de nuit. Mais depuis lundi, elle a appris qu’elle perdait sa place avec la fin du plan hiver. Une catastrophe pour cette mère de famille. "Je suis anxieuse et j’essaye de trouver une solution pour ce soir. C’est fou de se retrouver dans cette situation."

Jusqu’à lundi, grâce au plan hiver, 1350 personnes étaient hébergées chaque nuit. Depuis ce mardi matin, il ne reste plus que 278 places structurelles.

Christophe Thielens, le porte-parole du Samusocial, explique: "Nous avons dû mettre fin à l’hébergement permanent de 26 familles, cela représente 107 personnes dont 65 enfants. Sur ces 26 familles, 10 familles ont déclaré avoir trouvé une solution donc il reste 16 familles sans logement garanti."

Natacha, c'est un prénom d'emprunt, préfère rester anonyme. Elle vient d'apprendre qu'elle pouvait finalement rester avec ses trois enfants dans la chambre de 15 m² que lui fournit le Samusocial. "Je ne savais pas quoi faire si je me retrouvais à la rue avec mes enfants et toutes mes affaires. Je suis soulagée de pouvoir rester mais tout cela m’a beaucoup stressée. Je suis aussi très triste pour les gens qui sont partis, beaucoup n’ont nulle part où aller."

"Je dois marcher toute la journée, je n’ai pas le temps de me reposer"

Parmi les centaines de personnes qui ont perdu leur place, il y a énormément d’hommes seuls. Ceux-ci sont non prioritaires dans les centres d’accueil. Mais il y a aussi des femmes seules, pourtant prioritaires, comme Édith, 52 ans. Depuis novembre, elle bénéficiait d’une place fixe dans un abri de nuit. Aujourd’hui, elle attend devant le Samusocial de la rue du Petit Rempart à Bruxelles.  A moins de retrouver une autre place permanente, elle devra contacter le Samusocial tous les soirs pour demander une logement. "J’ai déjà passé tout l’été dans cette situation, ce n’était pas facile, je commence à souffrir des hanches et du dos car je dois marcher toute la journée, je n’ai pas le temps de me reposer. Je souffre de cette situation."

Le gouvernement bruxellois vient d'annoncer 200 places structurelles supplémentaires. Les ministres compétents, Céline Frémault et Pascal Smet annonceront ce mercredi qui seront les personnes prioritaires pour ces nouvelles places. Pour le Samusocial de Bruxelles, c’est un progrès mais cela ne sera sans doute pas suffisant pour héberger toutes les personnes dans le besoin.

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