Avantages et inconvénients des caméras embarquées

Caméra Go Pro (illustration)
Caméra Go Pro (illustration) - © AFP PHOTO/Pablo COZZAGLIO

Les images d'un automobiliste russe, qui parvient à filmer une des météorites qui a touché la Russie le 15 février dernier, ont fait le tour du monde. C’est ce qui s’appelle se trouver au bon endroit, au bon moment. On imagine en effet mal le conducteur avoir prévu l’évènement. Pourtant, il ne s’agissait pas d’une simple coïncidence.

Les images (vidéo ci-contre) ont en fait été tournées à l’aide d’une caméra embarquée, ou " dashcam. " Bon nombre de voitures en Russie en sont déjà équipées. Les automobilistes russes sont poussés à s’en procurer par les compagnies d’assurance, pour déjouer les plans des casse-cous qui se jettent sur les voitures pour obtenir des dommages et intérêts des automobilistes.

Boîte noire et vie privée

Aux Etats-Unis, un procédé semblable existe aussi, mais sans caméra. En effet, à partir de 2014, toutes les voitures et autres véhicules légers seront munis d’une boîte noire qui enregistrera en continu les variations de vélocité, si la ceinture de sécurité est attachée ou non, les coups de freins, mais aussi, et c’est ce qui provoque la polémique, la position du conducteur. Plusieurs voitures en sont déjà équipées depuis début 2013.

Un dispositif qui a déjà fait ses preuves

Il est facile d’imaginer les implications d’un tel système chez nous. Les images captées par les " dashcams " pourraient par exemple aider à déterminer les responsabilités des différentes parties impliquées dans un accident de circulation, comme c’est déjà le cas en Russie et dans d’autres pays d’Asie. En France par exemple, une caméra braquée sur le compteur de vitesse de la voiture d’un militaire de 24 ans, a permis de déterminer que ce dernier roulait à plus de 200 km/h avant de percuter un autre véhicule. L’accident a entraîné la mort du soldat, celle de deux autres personnes, et a grièvement blessé une troisième.

Ce fait divers est en quelque sorte une preuve de l’utilité et un des domaines d’application de la caméra embarquée. Rendre la " daschcam " obligatoire, c’est entre autre la proposition de l’ISTRE (Interface pour le Transport et pour la Sécurité Routière en Europe) d’après nos collègues de l’Avenir. Elle permettrait, outre de déterminer les responsabilités dans un accident de voiture, de remplir une fonction dissuasive. L’ISTRE cite le cas de la Hongrie, où l’agressivité au volant aurait nettement diminué depuis l’installation des caméras embarquées.

Pas de reconnaissance légale chez nous

Chez nous, on ne connaît pas encore de cas concret où une caméra embarquée a rempli un tel rôle lors d’un procès, par exemple. Pas simple non plus de déterminer si les images enregistrées seront recevables devant un juge ou acceptées par les assurances pour rembourser les dégâts causés par un accident.

Dans un reportage tourné par la RTBF le 18 décembre 2012, le directeur presse d’Assuralia, Wauthier Robyns, reconnaît l’utilité que peut avoir une telle camera, mais précise qu’on ne peut se baser uniquement sur les images qu’elle tourne, étant donné que tout ne se trouve pas dans son champ, comme les panneaux de signalisation par exemple. 

Droit à l'image

Autre point à ne pas négliger, et c’est la Commission de la protection de la vie privée qui met en garde : les visages et les plaques d’immatriculation ne peuvent pas être identifiables sans l’accord des personnes concernées, ils doivent donc être floutés.

On ne parle pas encore de reconnaissance par la législation belge de la légitimité d’un tel dispositif devant un juge, mais l’idée pourrait faire son chemin lorsqu'un juge y sera confronté.

 

dLdB

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