Autos : Pas de cornichons dans le GPS…

Le GPS en question
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Un GPS avec le nom des rues de Bruxelles exclusivement en néerlandais. Un détail qui embête beaucoup certains propriétaires de GPS intégrés directement dans leur voiture. En cause ? Le concepteur automobile et la firme de production des GPS. Un oubli pour l’un et un manque de budget pour l’autre. Quoiqu’il en soit, c’est une difficulté supplémentaire pour les automobilistes.

Une voiture " haut standing " presque neuve est garée sur le trottoir d’une commune flamande proche de Bruxelles. Cette voiture n’a que 8 mois et pourtant, un détail ennuie beaucoup ses propriétaires. Abdellatif Saïd conduit parfois le véhicule de société de son épouse. Mais lorsqu’il se rend à Bruxelles, région bilingue francophone et néerlandophone, son GPS n’affiche le nom des rues qu’en néerlandais. " Je voudrais changer la langue dans laquelle les noms sont écrits sur la carte du GPS. Car je ne connais que le nom des rues en français. Nous avons contacté la firme où la voiture a été achetée mais ils affirment ne rien pouvoir faire pour nous", explique Monsieur Saïd. Un problème que lui et sa femme combattent depuis l’achat de leur voiture en novembre dernier. " J’envoie lettre sur lettre depuis que nous avons reçu l’auto. Mais rien… Absolument rien n’a avancé dans notre demande " confie-t-il.

Pour l’automobiliste, ce problème n’est pas majeur mais c’est surtout une question de principe. " J’habite en Flandre, je n’ai rien contre les néerlandophones, au contraire, mais je veux avoir le choix. Je veux pouvoir choisir la langue de mon GPS " déclare-t-il avec conviction.

Le problème : un accord entre les firmes automobile et GPS

Pour expliquer ce problème, il faut viser plus haut que le concessionnaire qui a vendu la voiture. Deux maisons mères d’entreprise sont concernées : celle du concepteur automobile et celle du fournisseur du GPS, la société Garmin. Le porte-parole de Mercedes, Christophe Vloebergh, rejette la faute sur la société de production de l’appareil. Pour lui, cette impossibilité de choisir le nom des rues dans les deux langues à Bruxelles réside dans un oubli de la branche internationale de la firme de production du GPS. " La Belgique est très petite au niveau mondial alors, la spécificité du bilinguisme de Bruxelles a encore une plus petite importance au niveau international ". L’entreprise du GPS s’est donc limitée à la frontière linguistique entre la Wallonie et la Flandre sans prendre en compte la situation particulière de Bruxelles. Et Mercedes n’a pas vraiment pris la peine de vérifier le produit. " C’est un oubli au niveau du constructeur. Et, nous n’avons pas vraiment contrôlé les GPS intégrés dans nos voitures. Nous en sommes désolés. Le problème ne pourra pas être réglé immédiatement, il faudra un peu de temps pour réguler la situation ".

Trop peu de budget pour des cartes en français ?

De l’autre côté, Rudy Vander Motte, Product Manager à la société de production de GPS Garmin Benelux, pense que c’est au niveau des accords passés avec Mercedes que le problème est né. " Mercedes a certainement passé un contrat avec Garmin International sur les GPS intégrés dans les véhicules. La firme a certainement demandé un package avec un prix trop bas pour avoir une carte de Bruxelles dans les deux langues. Donc l’entreprise a certainement décidé de ne mettre les rues de Bruxelles qu’en néerlandais ". D’autres firmes automobiles sont elles aussi visées par une carte de Bruxelles exclusivement néerlandaise. " Les véhicules de marque Mini, BMW et Fiat peuvent aussi être concernés ", ajoute Rudy Vander Motte.

Bien que ce petit dérapage semble pouvoir être réglé rapidement, ce n’est pas le cas pour le spécialiste chez Garmin Benelux. Pour le faire comprendre, il utilise une métaphore gourmande : " Quand vous commandez un sandwich américain, si vous voulez des oignions, des cornichons et de la salade, il faut y mettre le prix. Sinon, on obtient un sandwich moins bon. Et une fois payé, on ne peut plus rajouter de la garniture. C’est la même chose pour les GPS ". Pour mettre en place le choix des langues, et régler la situation, Mercedes doit donc réviser le programme GPS installé dans ses voitures. Il faudra donc un peu de temps avant d’obtenir une carte bilingue. Et au final, pouvoir profiter d’un GPS totalement francophone et néerlandophone. C’est-à-dire d’un vrai " sandwich américain-crudité ", une métaphore qui a ses limites. On peut effectivement s’interroger sur le bon sens du concepteur de GPS qui fournit un appareil qui ne parle pas la langue de son propriétaire… Un service qui semble aller bien au-delà du cornichon dans l’américain… Une belle histoire belge…

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