Autisme : des parents attaquent l'Etat fédéral en justice

Les parents de Peter et leur avocat, ce lundi, à la sortie de l'audience du tribunal de première instance.
Les parents de Peter et leur avocat, ce lundi, à la sortie de l'audience du tribunal de première instance. - © RTBF

Les parents d'un enfant autiste bruxellois ont introduit ce lundi une action en référé devant le tribunal de première instance de Bruxelles. Leur fils de quatorze ans, en plus de son autisme, souffre de sévères troubles du comportement qui le rendent violent. La vie en milieu familial est devenue impossible, mais malgré d'innombrables démarches, Peter ne bénéficie pas d'une place dans une institution adaptée à ses besoins. Selon eux, l’État belge est coupable de "non-assistance à personne en danger, non-respect des droits de l’Homme, des droits de l’Enfant et des droits de la personne handicapée."

Ces parents vivent "un cauchemar" depuis deux ans et les premiers signes de puberté chez Peter. Auteur de fréquents accès de violence, l’adolescent est devenu un danger pour lui-même comme ses proches. "Même dormir seul avec lui à la maison, je n’ose plus, confie son père, Patrick Gourlé. Il se réveille la nuit et casse des meubles. Ce n’est plus un enfant, c’est un adolecsent d’1m70 et de 75 kilos. En plus, il prend beaucoup de médicaments et parmi les effets secondaires, il y a des problèmes d’hallucinations et de spasmes."

Faute de places suffisantes dans les rares institutions spécialisées, Peter est balloté d'un service d'urgence psychiatrique à l'autre. Sans pointer du doigt ces services qui font leur possible, sa mère s'inquiète pour son enfant. "En attendant, c’est un enfant qui, au lieu de progresser, régresse et est de plus plus enhandicapé, se désole Françoise Dupéroux. C’est maintenant à l’État belge de prendre ses responsabilités."

Lors de l’audience de ce lundi, l’avocat de l'État fédéral a demandé un délai d'une petite dizaine de jours pour tenter de trouver une solution de placement, qui pourrait intervenir fin octobre, selon ce qui a été indiqué aux parents. La prochaine audience est prévue le 14 septembre.

Neuf enfants pour une place

Le cas de Peter est emblématique d’un manque criant de places au sein des institutions spécialisées dans le traitement thérapeutique de l’autisme. En Fédération Wallonie-Bruxelles, on estime à 11 000 le nombre d'enfants autistes. Et même si tous n’ont pas le même besoin d’encadrement que Peter, il n’existe que 1300 places d’accueil spécifiquement dédiées à l’autisme.

Rappelons que le Conseil de l’Europe avait déjà condamné l’Etat fédéral belge en 2013, pour un manque de places d'hébergement et de solutions d'accueil pour les personnes handicapées de grande dépendance. Depuis lors, en avril dernier, les autorités wallones et bruxelloises ont lancé un "plan autisme", qui vise notamment à établir un cadastre des besoins et à instaurer à terme une individualisation du soutien tout au long de la vie.

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