Antisémitisme: "On cherche le soutien de nos concitoyens pour faire face"

Antisémitisme: "On cherche le soutien de nos concitoyens pour faire face"
Antisémitisme: "On cherche le soutien de nos concitoyens pour faire face" - © Tous droits réservés

Jonathan De Lathouwer est président de l'Union des étudiants juifs de Belgique (UEJB). Il a participé à la vidéo "Je suis belge et juif: dois-je partir?". Il était ce matin "L'Acteur" de Matin Première et a expliqué le sens de cette vidéo et de sa participation à celle-ci.

"Dois-je partir?", c'est la question dérangeante que pose la vidéo réalisée par plusieurs juifs de Belgique et dont nous vous parlions ce mardi sur notre site. Jonathan De Lathouwer a participé à ce clip, expliquant qu'il espérait ne pas devoir quitter ce pays qui est le sien. D'ailleurs, ce départ, il dit ne même pas l'envisager. "Non je n’y pense pas, la Belgique est mon pays, je me sens profondément belge, j’y suis très attaché", a-t-il confié au micro d'Olivier Nederlandt ce mercredi matin. "Cette vidéo, c’est un cri d’alarme. On cherche le soutien de nos concitoyens pour faire face à cet antisémitisme" qu'il dit de plus en plus répandu dans notre pays. "On a envie de rester ici en Belgique. Vraiment envie de rester. Mais on se sent de plus en plus menacé".

S'il reconnaît qu'aujourd'hui des mesures d'urgence sont prises pour lutter contre les menaces antisémites les plus importantes, il déplore des années de laisser-aller durant lesquelles 'l'antisémitisme ordinaire' a pu se répandre au sein de la population belge. "Aujourd’hui, la classe politique a décidé de placer des militaires devant nos lieux mais ce n’est pas une solution à long terme. Il faut prendre des mesures à l’école, concernant l’éducation. (...). Il faut nommer les choses: aujourd’hui l'antisémitisme n’est plus seulement d’extrême-droite, il touche des gens de tous horizons et il faut dénoncer cet antisémitisme", constate-t-il.

"Un dégoût de la communauté juive qui est très répandu"

"Les chiffres le montrent: l'antisémitisme est aujourd’hui banalisé. Les assassinats de juifs parce qu'ils sont juifs sont une chose à laquelle on est désormais habitué. Mais plus largement, ce sont nos libertés et le socle de notre démocratie qui sont attaqués". Raison pour laquelle, il appelle au sursaut citoyen collectif, au-delà de la communauté juive. "On voit que les préjugés antisémites reviennent: que les juifs tiennent les médias, tiennent la classe politique, les banques,… Toutes ces idées-là ont pu progresser pendant des années. Aujourd'hui nos politiques agissent peut-être trop dans la précipitation alors que c’est là le résultat d’années de laxisme. Il faut se mettre autour d’une table et réfléchir à des mesures tous ensemble", estime le président de l'UEJB.

La solution passe-t-elle par exemple par un cours d’éducation à la citoyenneté? Notre interlocuteur semble le penser. "Il faut des cours où l’on réapprend la citoyenneté. C’est ce qui nous rassemble tous, nous sommes tous belges et nous devons nous battre pour nos valeurs, fièrement acquises à travers l’histoire de la Belgique", explique ce petit-fils de résistants belges.

Mais la mise en place de bases saines pour rétablir le dialogue et le vivre-ensemble sera un travail de longue haleine selon lui. Ce en raison de la profondeur du rejet antisémite que l'on a laissé se développer au sein d'une partie de la population belge. "Aujourd'hui, en tant que juifs, nous sommes catégorisés comme des sionistes, sans que ce terme soit clairement défini, ce qui permet à certains de refuser le dialogue avec la communauté juive", déplore Jonathan De Lathouwer. Sur cette base rhétorique floue, "nous sommes diabolisés, assimilés aux nazis, au régime d’apartheid sud-africain et donc il y a un rejet, un dégoût de la communauté juive qui est très répandu", pointe notre invité.

RTBF

 

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