"Aujourd'hui, il serait impossible d'organiser un événement comme l'Expo 58 en Belgique"

Avec ses 42 millions de visiteurs, l'Expo 58 laisse un profond souvenir en Belgique. Cette exposition - dont l'Atomium est le symbole - a été le prétexte d'importants bouleversements à l'époque. Le journaliste Jean-Claude Defossé avait 17 ans à l'époque. Soixante ans plus tard, il garde de nombreux souvenirs de cet événement et les partage au micro de La Première.

Que pouvait-on faire et voir à cette exposition 58 sur le plateau du Heysel ?

Jean-Claude Defossé: "Il fallait voir le 'Spoutnik' du pavillon soviétique, le cinéma circulaire ou un défilé de mode au pavillon américain. Il fallait entendre les voix des grands auteurs, sur le juke-box littéraire du pavillon français. Il fallait entendre le carillon du pavillon hollandais avec une ferme modèle et des vagues artificielles. Il fallait rêver devant la Thaïlande, prendre le télésiège de 4,2 kilomètres à 30 mètres de hauteur, au long des avenues de Belgique. Il fallait voir la première pendule atomique au pavillon suisse ou encore le sauna au pavillon finlandais, prendre un café au pavillon turc, entendre un flamenco au pavillon espagnol ou encore se reposer au jardin japonais. "

A ce moment-là, Bruxelles est devenue une vraie grande capitale européenne ?

"Oui. Et c'est extraordinaire quand on pense que cette exposition a eu lieu 13 ans après la guerre mondiale. En pleine guerre froide, on croyait beaucoup à la science et à la connaissance. C'était une espèce de bouffée d'air vers l'avenir, un grand espoir, et bien entendu, on s'était préparés."

"En 1958, il y avait une espèce de mobilisation nationale. Je crois que, malheureusement, aujourd'hui il serait impossible d'organiser un événement comme celui-là dans les conditions de la Belgique, notamment communautaires. Il suffit de voir ce qu'il se passe tout simplement pour un bête terrain de football [le stade national ndlr]."

Quelle image conservez-vous de cette expo? 

"Il y en a des milliers. L'image qui vient à l'esprit, est évidemment elle de l'Atomium. L'idée d'avoir fait cet atome de fer multiplié par je ne sais plus combien est fabuleuse. Et comme la tour Eiffel, il était appelé à être démoli après l'exposition."

Les bâtiments, eux, ont été détruits? 

"On était tentés de conserver les bâtiments à l'Expo 58. Tout le monde se dit 'mais pourquoi a-t-on démoli tout ça?' Mais Séville a tout conservé et je suis passé un jour devant, et tout était en ruine. L'expo a un temps. C'est aussi l'une de ses caractéristiques. Cela dure 6 mois et puis c'est fini. Mais ça perdure dans la mémoire."

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