Augmentation du nombre des femmes au sein de l'Eglise Catholique

Mutations au sein de l'Eglise: nombre croissant des laïcs et importance des femmes
Mutations au sein de l'Eglise: nombre croissant des laïcs et importance des femmes - © Tous droits réservés

D’importantes mutations sont à l’œuvre au sein de l’Église en Belgique, c’est ce que reflète le deuxième rapport annuel de la Conférence des Évêques de Belgique publié ce mercredi. L’enquête s’est intéressée aux activités de plus de 7000 hommes et femmes et les données recueillies se basent sur l’année 2018.

Premier constat, l’Eglise se féminise. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, sur plus de 7000 personnes exerçant une responsabilité aux différents niveaux de l’Eglise, 55% sont des femmes, soit plus de la moitié. "Les résultats laissent clairement apparaître que les femmes jouent un rôle déterminant pour l’avenir de l’Eglise ainsi que dans la vie spirituelle."

Ces femmes exercent surtout des fonctions paroissiales et participent aux activités de l’église dans l’enseignement et les soins. "Je trouve ça révélateur d’une révolution qui à l’œuvre sur le terrain pastoral, au niveau des responsabilités de terrain et de gouvernance donnés au sein de l’Eglise Catholique en Belgique. Dans le contexte actuel, il y a toute une réflexion sur les responsabilités confiées aux femmes", explique Catherine Chevalier est formatrice à la faculté de théologie de l’UCL et a collaboré à la rédaction du rapport.

L’ordination des femmes en tant que diacre est en effet débattue actuellement. Lors du Synode en octobre, elle a été votée à une écrasante majorité. "Les conclusions sont entre les mains du Pape. C’est une question qui est débattue et sur laquelle il pourrait y avoir des ouvertures", ajoute-t-elle.

Il n’est toujours pas question, par contre, pour les femmes d’exercer des fonctions de premier plan comme celle de prêtre, qui reste réservée aux hommes. "Ce n’est pas une question de capacité ou de dignité, c’est une question de représentation symbolique, de ce que la femme est et ce que l’homme est. Quand le prête est dans son travail sacerdotale, dans la célébration, il est une représentation du Christ", précise Tommy Scholtes, porte-parole des évêques de Belgique.

Croyant par choix et non par tradition

Autre élément marquant, l’augmentation accrue du nombre de laïcs. Pour l’ensemble des diocèses de Belgique, on dénombre 2038 laïcs nommés par un évêque, contre 1940 prêtres. "Des hommes et femmes laïcs sont nommés par l’évêque pour exercer des tâches pastorales, aux côtés des prêtres et diacres. Ils sont actifs au niveau paroissial (pastorale territoriale) ou dans les hôpitaux, les maisons de repos et de soins, les institutions pour handicapés (secteur caritatif)", peut-on lire dans le rapport.

Le rapport pointe aussi la diminution du nombre de fidèles. Aujourd’hui, de manière générale, les citoyens ont le choix d’être croyant ou non, ce n’est plus une tradition. L’Église a ainsi pu constater, qu’entre 2016 et 2018, il y a eu une baisse des baptêmes (-11,83%), des confirmations (-4,33%), des mariages religieux (-13,92%) et de la fréquentation eucharistique (-16,79%).

La diversité croissante des croyants est également, selon les données. Aux côtés des communautés de croyants de langue néerlandaise, française et allemande, il existe 155 communautés catholiques d’origine étrangère et 9 communautés catholiques de rite oriental (comme les Chaldéens ou les Syriens catholiques). Sur 2260 "ministres du culte" rémunérés par le Service Public Fédéral Justice, il y a 19% de femmes et 20% de personnes d’origine étrangère. Les nationalités les plus représentées sont les Congolais (172), suivis des Français (43) et des Polonais (34).

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