Au procès OKC, une partie civile affirme avoir été abusée sexuellement

Au procès OKC: "J'ai été abusée sexuellement par le fils de Robert S.", affirme une partie civile
Au procès OKC: "J'ai été abusée sexuellement par le fils de Robert S.", affirme une partie civile - © Tous droits réservés

L'une des quelque vingt-cinq personnes constituées partie civile au procès de la communauté bouddhiste Ogyen Kunsang Choling (OKC) a témoigné, lundi, devant le tribunal correctionnel de Bruxelles, d'abus sexuels qu'elle a subis. Elle a raconté avoir eu des relations sexuelles forcées avec le fils de celui qui est considéré comme un gourou, Robert S. Cet homme et son fils, comme une dizaine d'autres personnes physiques et morales, sont prévenus devant le tribunal principalement pour des escroqueries commises dans le cadre des activités de l'OKC, considérée comme une secte.

"Robert S. m'a forcée à avoir des relations sexuelles avec son fils, Perceval S. J'étais devenue comme la femme de Perceval et sa femme de ménage aussi, au sein de la communauté. J'avais 14 ans", a relaté l'une des personnes constituées partie civile au procès.

"Parfois Perceval était complètement saoul et il arrivait bourré dans ma chambre. C'était l'horreur", a-t-elle raconté. "Robert S. me disait que son fils était l'incarnation d'un grand maître bouddhiste. J'ai subi une véritable torture psychologique."

Quelques anciens membres de l'OKC se sont fait connaître depuis le début de l'enquête sur cette communauté, en 1997, et se sont constitués partie civile contre l'OKC. Mais depuis l'ouverture du procès, le 4 janvier dernier, plusieurs dizaines d'autres anciens membres ont aussi rejoint le banc de la partie civile.

Parmi ces plaignants figurent certaines personnes qui ont grandi au sein de la communauté et que l'on a appelés les "enfants oubliés de l'OKC". Confiés par leurs parents à des enseignants et à des éducateurs de cette suspectée secte, ils ont vécu dans des monastères isolés, en France et au Portugal entre autres. Ils sont nombreux à venir confier aujourd'hui au juge qu'ils ont été maltraités et abusés sexuellement dans ces endroits.

Une dizaine de membres et d'ASBL de l'OKC sont prévenus devant le tribunal notamment pour avoir escroqué de nombreuses personnes, mais aussi pour prise d'otages, organisation criminelle, faux, parmi une centaine de préventions.

Le fondateur de cette communauté bouddhiste en Belgique, Robert S., qui fait défaut, est également prévenu de viol.

De nombreux autres faits de moeurs et de mauvais traitements à l'égard de mineurs, dont certains ont été rapportés pour la première fois ces derniers jours au cours du procès, ne font toutefois pas partie des préventions visées. Mais cette question fera l'objet de débats aux cours des prochaines audiences.

Le procès se poursuivra mardi avec l'audition des personnes constituées partie civile.

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