Au Musée juif à Bruxelles, des ateliers sur les cultures juives pour lutter contre les préjugés

" Let’s meet a Jew " — " Rencontrons un juif " — est une initiative du Musée juif de Bruxelles, qui propose aux élèves de secondaire et de primaire de découvrir, grâce à des ateliers, les cultures juives.

"Les élèves ont plein de questions"

Pascale Falek, directrice du Musée juif de Bruxelles, explique d'où est partie cette initiative: "Elle a été lancée en septembre. Le musée propose aux élèves des visites de groupes des expositions permanentes, temporaires, et on organise aussi des visites de la Grande Synagogue de Bruxelles, qui est juste à côté, à deux minutes à pied. Et on s’est dit que ce n’était pas suffisant pour échanger, pour discuter. Les élèves ont plein de questions, ils veulent aller dans tous les sens et on a mis sur pied ces workshops, pour essayer de mieux comprendre la multiplicité, la multitude des cultures juives."

C’est par l’ignorance et la méconnaissance que viennent l’exclusion et le rejet, selon la directrice: "Il faut apprendre à se connaître, il faut comprendre l’autre, aller à la rencontre, ouvrir les portes."

Qu’est-ce qui est transmis aux élèves pendant ces workshops ? "Concrètement, on leur explique ce que sont les différents rites et rituels qui peuvent faire partie de la vie d’un juif, d’une famille juive, et on essaie surtout de montrer les points communs qu’ils ont avec ceux des élèves. Par exemple, des élèves de 10 ans vont travailler en petits groupes sur la Bar Mitzvah ou la Bat Mitzvah, l’équivalent de la communion. Et effectivement, quand on a 10 ans, de se dire qu’on passe dans le monde adulte à 12 ans pour les filles et à 13 ans pour les garçons, ça leur parle. Ils échangent entre eux et ensuite ils présentent le rite à l’ensemble de la classe, à l’ensemble du groupe."

Les profs confrontés à des propos antisémites dans les classes 

Cela se passe relativement bien dans les classes: "Il peut y avoir certaines réticences, mais les professeurs les préparent, leur expliquent. On donne à chacun un questionnaire de feedback après l’atelier."  Parmi les retours, Maria, élève de quatrième secondaire, a écrit : " J'ai travaillé sur le rite de la circoncision, qui m’a dans un premier temps choquée. En découvrant ce que ce rite représentait, je me suis dit que cela avait du sens."

Les professeurs expliquent aussi être confrontés à des propos antisémites en classe, ce qui les poussent à vouloir sensibiliser les élèves: "On a des professeurs de religion islamique, de religion protestante ou de religion catholique qui viennent, mais aussi d’histoire et de français."

Pour Pascale Falek, "venir poser ses questions et pouvoir aussi poser des questions par rapport au conflit israélo-palestinien, c’est une première étape" : "Ce sont aussi des jeunes qui sont venus visiter l’exposition Amy Winehouse, ce sont des jeunes qui viennent nombreux."

"Le musée vit" et "on continue plus que jamais"

En plein procès de la tuerie du Musée juif, il s’agit aussi de "montrer que le musée, quoi qu’il soit arrivé et quoi qu’il arrive, il vit, il est là, il est présent et il est incontournable."

"C’est un musée où on mange aussi, on aura cet Iftar en mai, rupture de jeûne de Ramadan, qui est vraiment un événement hyper convivial", insiste Pascale Falek ,"C’est un musée où on chante, on a chanté au karaoké d’Amy Winehouse, où on fait du théâtre, où on s’amuse, où on pleure, où on s’émeut, où on comprend, où on essaie d’analyser."

Rien ne fera baisser les bras à l'équipe du musée: "On continue plus que jamais. On a eu plus de 21.000 visiteurs en 2018 et les activités sont remplies."

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