Syrie: de très jeunes Belges parfois, radicalisés notamment via internet

Cet imam qui souhaite garder l'anonymat a fait ces déclarations à l'hebdomadaire Knack. L'homme, qui travaille à un doctorat sur les mouvements islamistes en Belgique, a déjà rendu visite à trois familles marocaines concernées, à Malines, Vilvorde et Bruxelles.

A Vilvorde, il s'agit d'un garçon de 17 ou 18 ans, qui est parti avec des amis sans avoir suivi de formation. Après deux semaines à peine, il s'est fait abattre par un sniper.

Selon l'imam, la plupart des combattants belges en Syrie proviennent de Flandre: "Je sais qu'il y en a au moins cent qui sont partis de Belgique, et probablement quelques centaines. Surtout du Limbourg, d'Anvers, de Malines et de Vilvorde. Les plus jeunes que je connaisse sont âgés de 15 et 16 ans. Des enfants-soldats, donc. Je crains que le mouvement prenne encore de l'ampleur, car il y en a qui partent chaque jour. Ce que je trouve très grave, c'est que plusieurs Belges se sont mis volontairement sur la liste des candidats au suicide", a-t-il déclaré.

La plupart du temps, ils tombent dans des groupes de combattants djihadistes, surtout dans la brigade d'Abdel Rahman Ayachi, le fils du prédicateur de haine molenbeekois Bassam Ayachi.

Enfants soldats

Hicham El Mzairh n'est pas étonné de l'information donnée par Knack : "L'an dernier, on a parlé d'un imam d'Arabie Saoudite qui a lancé un appel à aller combattre en Syrie à Borgerhout et dans d'autres villes comme Bruxelles. Il y a aussi eu des appels lancés sur des télévisions par satellite. Ce qui m'étonne, c'est qu'il s'agit de très jeunes garçons", dit-il à la VRT.

Il identifie des raisons religieuses à ces départs au front: "En Syrie, on ne peut plus parler de Printemps arabe. C'est l'escalade, cela a dégénéré en une guerre entre chiites et sunnites, ce qui rend la justification du jihad plus facile pour les sunnites, les salafistes. Et du Maroc, partent aussi beaucoup d'hommes. Il y a eu des articles avec des chiffres hallucinants dans les journaux".

"Depuis les attentats du 11 septembre, il aurait fallu mener une politique anti-radicalisation avec la communauté musulmane", dit Hicham El Mzairh.

Radicalisation par le net

"Des mineurs d'âge sont en effet impliqués. Le gouvernement a pris des dispositions pour empêcher cela. C'est assurément le dossier le plus difficile qu'on ait jamais eu à traiter", confie André Vandoren, de l'Organe de Coordination pour l'Analyse de la Menace (Ocam).

André Van Doren souligne aussi à la VRT qu'il faut être très prudent avec les chiffres. "Les jeunes partent en Turquie, pas de passeport ou de visa nécessaire. Et ensuite, les parents apprennent par GSM que leurs enfants se trouvent en Syrie".

Il est difficile d'évaluer le nombre de personnes blessés ou tuées en Syrie, note le patron de l'Ocam. On n'a pas de preuves des décès, dit-il. "C'est dramatique pour les familles".

Des initiatives ont été lancées pour intervenir, les services travaillent sur le terrain, dit André Van Doren: "Le problème est qu'on a le droit d'avoir des idées et même des idées très extrêmes tant qu'elles n'ont pas d'impact sur la société démocratique. (...) Mais on peut difficilement faire quelque chose contre la radicalisation par internet, par YouTube ou par les télévisions par satellite".

Avec Belga

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