Au Japon, rentrée scolaire rime avec pic de suicide des enfants

Le jour de la rentrée scolaire, le nombre de suicides chez les enfants atteint un pic au Japon
Le jour de la rentrée scolaire, le nombre de suicides chez les enfants atteint un pic au Japon - © Kazuhiro NOGI

Les assistantes sociales et psychologues sont sur le qui-vive ce vendredi au Japon, jour de rentrée scolaire où le nombre de suicides chez les enfants atteint un pic.

Un drame social

Quelque 500 mineurs (moins de 20 ans) se donnent la mort chaque année dans l'archipel, surtout autour du 1er septembre, lorsque reprend l'année d'école débutée en avril mais interrompue par une pause estivale.

"Si l'on rapporte ce nombre aux 22 000 cas de suicide toutes générations comprises, la proportion n'est pas élevée, mais le suicide des adolescents ne doit pas être regardé d'un point de vue statistique, il doit être traité comme un drame social", insiste Yutaka Motohashi, directeur du Centre japonais des mesures de prévention contre le suicide.

YuYu Horun, lui, était en primaire puis au collège quand il a tenté de mettre fin à ses jours. Aujourd'hui, ce chanteur aide ses cadets tentés par la mort.

"Je reçois chaque jour des courriels ou lettres d'adolescents qui expriment l'envie de se tuer ou ont déjà fait des tentatives", témoigne pour l'AFP le trentenaire qui dit avoir été "sauvé par la musique", après une enfance difficile.

Sensation d'être bien nulle part

Selon lui, l'une des principales raisons exprimées par les enfants suicidaires est la sensation de n'être bien nulle part, ni chez eux, ni à l'école, ni ailleurs.

"Beaucoup ne ressentent pas de preuves d'amour de leurs parents, lesquels n'en donnent souvent pas parce qu'ils n'en ont eux-mêmes pas reçu. Dans de nombreuses familles japonaises, la communication est insuffisante".

Ils subissent aussi parfois des brimades à l'école et se sentent forcés de réussir, pour répondre aux attentes de la société.

La rentrée crée de l'anxiété

Pour ces jeunes fragiles, "la rentrée crée de l'anxiété", explique Kuniyasu Hiraiwa, représentant d'AfterSchool, une des organisations privées qui se mobilisent, notamment via des encarts dans la presse, pour aider les parents à détecter les signes avant-coureurs.

Et de recommander de "ne pas forcer un enfant à retourner en classe ce jour si cela paraît trop douloureux", tout en saluant l'initiative de bibliothèques qui incitent les adolescents angoissés à se réfugier dans leurs locaux.

"Je leur dis: vous n'êtes pas seuls, si vous souffrez, parlez, à n'importe qui, mais parlez, quelqu'un vous aidera, c'est certain", a lancé vendredi le ministre de l'Education, Yoshimasa Hayashi.

Le taux de mort par suicide dans son ensemble est passé au Japon de 24,2 pour 100 000 habitants en 2005 à 17,3 en 2016, soit un recul de 28,5%, mais il reste encore le plus élevé des pays du G7.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK