Au-delà de 55 ans, un médecin spécialiste sur cinq est confronté à des problèmes d'alcool

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Illustration - © melbow/flickr

Un médecin spécialiste sur cinq, âgé de plus de 55 ans, fait face à des problèmes d'alcool, d'après une enquête menée par le professeur Geert Dom (Universiteit Antwerpen) auprès de 1500 médecins, annonce De Morgen. Quid de la santé des patients?

Parmi les spécialistes de plus de 65 ans, plus de 33% seraient concernés par cette problématique. "Tout indique que nous sommes confrontés à une génération plus âgée qui est souvent aux prises avec des problèmes d'alcoolisme", explique Geert Dom.

L'âge et la richesse des médecins sont deux facteurs qui ont une influence sur cette statistique. "Les enfants du baby boom, qui approchent désormais du troisième âge, ont grandi dans une culture où l'alcool était très présent", a également expliqué le spécialiste. "Beaucoup d'entre eux ont un diplôme supérieur et ont réussi dans la vie. Au moment où ils disposent de plus de temps libre, ils se tournent facilement vers l'alcool".

On peut d'ailleurs considérer ces données dans un cadre plus large: ainsi on constate que les problèmes d'alcoolisme sont en augmentation chez les générations plus âgées. L'enquête santé 2008 dénombrait un demi-million de personnes dépendantes à l'alcool en Belgique, dont une majorité dans la tranche des 45-64 ans.

Ces résultats corroborent en outre ceux d'autres études qui ont établi un rapport entre le fait de beaucoup travailler et l'augmentation du risque d'alcoolisme, même si les causes de l'alcoolisme sont multifactorielles: psychologiques, sociales et physiologiques.

La vie des patients en danger?

L'information peut inquiéter et pose des questions. 

Un ouvrage paru en 2008 raconte l'histoire d'un médecin spécialiste qui connaît une descente aux enfers due à l'alcoolisme. C'est celui du Dr. Olivier Ameisen "Le dernier verre". C'est le premier médecin à avoir raconté son addiction.

Son livre raconte le combat de ce brillant cardiologue avec l'alcool (des black out le conduisent même aux urgences de l'hôpital où il exerce et ce sont ses anciens étudiants qui le soignent). Le récit connaît une fin heureuse: le Dr Ameisen s'en sort en créant un protocole basé sur un médicament, le baclofène, qui dégoûte chimiquement les malades à l'alcool et permet de diminuer la consommation.

Là où son récit rassure, c'est qu'il a arrêté volontairement sa pratique médicale par inquiétude pour ses patients: "Je n’avais jamais exercé la médecine autrement que sobre", écrit-il dans son livre.

Avec Belga

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