Faible accès aux soins, pauvreté et inégalités... Au Brésil, de plus en plus d'enfants meurent du Covid-19

Depuis plusieurs mois, le Brésil fait face à un variant du Covid-19 particulièrement meurtrier. Officiellement, le Brésil recense 461.000 morts du Covid-19. Des chiffres, sans doute sous-évalués. Ce qui est plus frappant encore, c’est que cette nouvelle vague épidémique frappe une population d’une moyenne d’âge de moins de 40 ans et parmi eux, tout spécialement, les enfants.

Les faits sont rapportés par nos confrères du journal anglais The Guardian. Le Dr Fatima Marinho, une urgentiste et épidémiologiste de premier plan au Brésil constate des douleurs musculaires sévères, des diarrhées, des toux, des douleurs abdominales chez des enfants atteints du coronavirus. Les dernières données disponibles extraites par le Dr Marinho, le 15 avril, ont montré que 2216 enfants âgés de zéro à neuf ans étaient décédés du Covid-19. Cela comprend 1397 bébés de moins d’un an. Pendant ce temps, plus de 67.000 enfants de 0 à 9 ans ont été hospitalisés au Brésil.

Les enfants plus touchés par endroits ?

Bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires, Le Dr Marinho pense que plusieurs facteurs jouent un rôle. La première est que le diagnostic de coronavirus chez les enfants arrive trop tard, alors que les enfants sont déjà gravement malades et que le traitement est plus difficile.

Elle déclare auprès du Guardian : "Il y a une culture de ‘il n’y a pas de risque pour les enfants’donc les médecins ne pensent pas en termes de Covid-19".

Mais ce n’est pas tout, selon elle : "En plus du faible accès aux soins de santé en temps opportun, il y a aussi la pauvreté et les inégalités. Les personnes vivent dans des zones et des maisons ayant des difficultés de distanciation sociale. Dans les maisons pauvres, il y a plus de quatre personnes par pièce. La distanciation sociale à l’extérieur de la maison est également difficile."

Quid des nouveaux variants ?

Enfin, les nouveaux variants du Sars-CoV-2 ont également une charge virale plus élevée que les autres variants. En d’autres termes, les gens sont également plus contagieux.


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Le Dr Marinho tire la sonnette d’alarme auprès de nos confrères du Guardian : "Le Brésil a besoin de plus de tests pour Covid-19, sans tester et suivre les cas et les contrôles, le virus ne peut pas être contrôlé et continuera de se propager dans tout le pays. "

Yves Coppieters : C’est un problème social et sanitaire d’un pays à faibles ressources

Yves Coppieters est épidémiologiste et professeur de santé publique à l’ULB (Université Libre de Bruxelles). Pour lui, pas de doute, ce phénomène est surtout lié à un problème social et sanitaire d’un pays à faibles ressources. Il poursuit : "Comme dans toute population, chez les enfants aussi il y a des patients à risque qui présentent des problèmes de défense immunitaire ou des pathologies chroniques sous-jacentes. Dans tout groupe d’âge, il y a toujours des groupes à risques susceptibles de faire des formes sévères du Covid-19. Au Brésil, il y a, en plus, un retard d’accès au système de santé classique."

Autre constat relevé par cet épidémiologiste, la malnutrition et le manque de vitamines peuvent jouer un rôle d’affaiblissement des défenses immunitaires des enfants.

Il conclut que les inégalités de santé sont très fortes avec le Covid-19 et ça se marque chez les enfants. La responsabilité repose donc, selon lui, aussi sur le système politique et de santé. Ce phénomène est à surveiller à l’échelle mondiale.

Manifestations au Brésil: JT 30/05/2021

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