Au Bhoutan, le bonheur national brut remplace le produit national brut

Au Bhoutan, le bonheur national brut remplace le produit national brut
Au Bhoutan, le bonheur national brut remplace le produit national brut - © Tous droits réservés

Le Bhoutan, c'est un petit royaume bouddhiste niché dans l’Himalaya. Un royaume ou le produit national brut est remplacé par le bonheur national brut. Un indicateur économique plutôt étonnant.

Un pays grand comme la Suisse, coincé entre l'Inde et la Chine. Bienvenue au Bhoutan, petit royaume de 700 000 âmes. Un pays qui a choisi un indicateur économique un peu différent : le BNB, bonheur national brut.

Un choix dicté par le jeune Roi Wang-Chuck lors de son accession au trône en 1972. "Il a alors eu l'idée que si le bonheur est la valeur la plus importante pour les citoyens alors cela doit être le rôle de l'Etat de créer les conditions pour promouvoir et rendre possible l'accession au bonheur pour les citoyens", explique Jigmey Thinley, ex-premier ministre du premier gouvernement démocratique du Bhoutan.

Il a été un des artisans du bonheur national brut. Un concept qui repose sur quatre piliers : santé, bonne gouvernance, écologie et préservation de la culture traditionnelle. Mais, il le reconnait, il y a encore du chemin à faire: "Ce n'est que depuis récemment que nous faisons partie des pays à revenu moyen mais dans notre pays une grande partie de la population doit encore se battre pour survivre. Nous devons encore atteindre un niveau de services décents. Je ne peux donc pas vous dire que les gens sont heureux car les conditions du bonheur ne sont pas encore remplies".

Reste que pour Léo Bormans, auteur du "Grand livre du bonheur", cet indicateur économique plutôt alternatif n'a rien de fantaisiste: "Le bonheur national brut, ce n'est pas naïf, ce n'est pas pour les imbéciles. Ce sont des mesures très économiques, ils ont des indicateurs très spéciaux", affirme-t-il en expliquant avoir été impressionné par les efforts qu'ils fournissent dans la vie quotidienne pour améliorer le bonheur des gens. 

Alors la Belgique pourrait-elle troquer son bon vieux Produit national brut pour le bonheur national brut ? Tout ne serait que question de point de vue: "Je dirais que chez vous en Belgique, davantage de conditions sont remplies. Et que si vous prenez au sérieux la recherche du bonheur, si le bonheur c'est important pour vous, vous avez plus de chances d'être heureux que nous autres Bhoutanais en ce moment !", lance Jigmey Thinley. 

Alors si le Bhoutan n'a pas encore atteint le nirvana, une chose est sûre: son bonheur national brut n'a rien d'une mode passagère. Tant il est vrai que la quête du bonheur est aussi universelle qu'intemporelle.

Rachel Crivellaro

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