Atterrissages d'urgence: le document qui prouve les mensonges de Ryanair

Atterrisages d'urgence: le document qui prouve les mensonges de Ryanair
Atterrisages d'urgence: le document qui prouve les mensonges de Ryanair - © Tous droits réservés

Dans le dossier des avions procédure de détresse d'avions Ryanair en manque de carburant, un document très officiel des autorités irlandaises de l’aviation -que nous nous sommes procurés- démontre que Ryanair a menti dans sa communication sur les évènements en prétendant que sa politique d'économie de carburant n'était pas en cause.

Souvenez- vous, en juillet dernier, trois avions Ryanair avaient demandé la procédure de détresse (parce qu'ils arrivaient à la réserve "vitale" de leur carburant, soit les 30 dernières minutes de vol) pour atterrir à Valence après avoir été déroutés de Madrid où sévissait un orage. La politique de carburant de la compagnie low cost avait été évoquée, et Ryanair avait aussitôt réagi en affirmant que tout s’était déroulé selon les règles standard.

Mais un document très officiel des autorités irlandaises de l’aviation (voir ci contre) démontre que Ryanair a aussi ajouté quelques mensonges. Cliquez ici pour le consulter.

Rappel des faits

Les faits remontent au 26 juillet dernier. En l’espace de 20 minutes, trois avions Ryanair se présentent à Valence après avoir dû renoncer à se poser à Madrid pour cause d’orage, et tous les trois déclarent une situation de détresse parce qu’ils vont bientôt entamer leur réserve vitale de carburant, correspondant à une demi-heure de vol. C’est la procédure normale. Il faudra plus de deux semaines pour que l’information sorte dans le journal irlandais Sunday Independent.

La stratégie de communication de Ryanair

Avec la confirmation d’un porte-parole de la compagnie qui affirme que c’est sur "instruction du contrôle aérien que les avions ont été déroutés sur Valence où ils ont été placés dans un circuit d’attente", que l’on appelle "holding" en langage aéronautique, l’information sera reprise dans la  presse internationale.

Le 14 août, Ryanair publie un communiqué sur son site internet, affirmant à nouveau que c’est le contrôle aérien qui a donné l’instruction de diversion sur Valence, et qui précise que les avions y ont respectivement patienté 50, 68 et 69 minutes, ce qu’on appelle le holding en langage aéronautique, avant de  demander la procédure d’urgence.

En clair,  les responsables de Ryanair tiennent à faire savoir que leur politique de carburant respecte les procédures standards et n’est absolument pas dangereuse. C’est ce que répètera Michael O’Leary, le patron de la compagnie, lors d’une conférence de presse quelques jours plus tard.

Mais dans un rapport publié par l’autorité irlandaise de l’aviation (que vous pouvez consulter ci contre), qui a effectué une enquête très complète sur chacun des vols, il apparaît d’abord clairement que ce sont bien les pilotes qui ont demandé la diversion et non pas la tour de contrôle qui leur a imposé.

Plus évident encore, ce rapport précise que lorsqu’ils sont arrivés à Valence, les pilotes ont immédiatement demandé, par radio, la procédure d’urgence via le code "Mayday".

Selon ce rapport, il n’y a donc pas eu de “holding” pendant 50, 68 et 69 minutes comme l’affirme Ryanair. Cela n’aurait d’ailleurs pas été possible avec la quantité de fuel dont disposaient les avions. Pour patienter pendant une heure au-dessus de Valence, il aurait fallu au minimum deux tonnes de carburant supplémentaire. Ce que n’avait embarqué aucun des trois avions.

Philippe Antoine avec Ju. Vl.

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