Attentats de Paris: un coup de fil remet les enquêteurs sur la piste de Mohamed Abrini

Ce mardi, la RTBF avait révélé qu'un coup de fil avait été donné à un détenu de la prsion de Namur, le soir des attentats de Paris, par le toujours recherché Salah Abdeslam (suspect numéro un dans cette enquête).

L'on apprend à présent que c'est en fouillant la cellule de ce détenu que les enquêteurs ont mis la main sur un numéro de téléphone, sur un bout de papier, qui a mené à une nouvelle arrestation dans ce dossier en Belgique: celle d'Abdheila Chouaa, un proche de Mohamed Abrini, activement recherché lui aussi.

Ami de Mohamed Abrini

Arrêté à Bruxelles, il y a deux semaines, c'est dans l'ordre le cinquième inculpé du dossier terrorisme. Agé de 35 ans, il habite Ganshoren mais a déménagé de Molenbeek peu avant l'été. 

Il connait Salah Abdeslam mais c'est surtout un ami de Mohamed Abrini. Il fréquentait assidûment son snack et rendait des services à l'occasion. Mohamed Abrini est toujours activement recherché : c'est l'homme qui a conduit Salah Abdeslam à Paris le 11 novembre. On sait qu'il s'est rendu en Syrie.

En fouillant la cellule, les enquêteurs ont donc trouvé son numéro de téléphone mais Abdheila Chouaa affirme n'avoir pas été contacté par le détenu de Namur.

Ce qui intrigue les enquêteurs ce sont les services rendus par Abdheila Chouaa : c'est lui qui a accompagné Mohamed Abrini à l'aéroport en juin dernier lorsqu'il part officiellement en vacances en Turquie, d'où il s'est rendu en Syre. C'est aussi lui qui a été le rechercher trois semaines plus tard cette fois à Paris, alors que Mohamed Abrini a transité par le Royaume-Uni, où la mouvance Abbaoud a aussi des relais importants comme à Birmingham.

Fils d'imam

Abdeila Chouaa est aussi le fils d'un imam de Molenbeek, Abdelkader Chouaa, accusé par certains membres de sa famille d'envoyer des jeunes en Syrie, une accusation réfutée par l'imam qui parle de vengeance familiale, conséquence d'un divorce difficile. Il dit ne plus avoir vu son fils depuis deux ans. Selon l'imam, celui-ci n'est pas impliqué dans le radicalisme.

L'avocat d'Abdeilah Chouaa, Me Guylain Mafuta-Laman, précise que son client n'est pas pratiquant, qu'il ne va pas à la mosquée et n'est pas radicalisé. Il ne fait par contre aucun commentaire sur ses fréquentations.

Il n'empêche : tous ces éléments expliquent que la Justice garde aujourd'hui Adheila Chouaa derrière les barreaux. Son avocat a fait appel devant la chambre du conseil. Prochaine étape vendredi devant la chambre des mises en accusation.

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