Attentats de Paris: la conversation entre Abaaoud et Abdeslam passée entre les mailles du filet

C'est un nouveau rebondissement dans le dossier des attentats de Paris. Selon nos informations exclusives, Brahim Abdeslam était en contact avec Abdelhamid Abaaoud, bien avant le 13 novembre 2015. Une conversation vient d'être retrouvée dans le GSM de Brahim, deux ans après sa saisie par la police de Molenbeek.

C'est une conversation entre deux hommes. Brahim Abdeslam et Abdelhamid Abaaoud. L'un d'eux est en Belgique, l'autre en Syrie. A l'époque, les deux hommes communiquent via le réseau social Facebook.

12 minutes de conversation

Nous sommes le 1er juillet 2014, six mois avant la fusillade de Verviers. 16 mois avant les attentats de Paris.

Tous deux issus du même quartier, Abdelhamid Abaaoud est déjà recherché par les autorités, mais Brahim Abdeslam n'est encore connu que comme simple délinquant.

Leur conversation dure 12 minutes. Au total, 7 messages sont échangés. Les voici en exclusivité.

- Brahim Abdeslam : "Salam frère. Mabroek Ramadan."

- Abdelhamid Abaaoud : "On a déclaré le khalifat. Allah Akbar."

- Brahim Abdeslam : "Allah Akbar. J’arrive, incha Allah. A bientôt mon frère."

- Abdelhamid Abaaoud : "Inshallah."

- Brahim Abdeslam : "Je t’aime mon frère et qu’Allah soit avec toi. Amin."

- Abdelhamid Abaaoud : "Je t’aime fi lah. Qu’Allah te guide dans la voie du djihad et t’accorde le martyr. Déchire ces kuffars et prends leur un maximum de porcs et viens rejoindre l’armée d’Allah."

- Brahim Abdeslam : "Ok mon frère. Incha Allah. Je te contacte bientôt. Allah y hafdek (Dieu te garde). Salam al’ikoum."

Des messages qui prouvent des liens forts entre les deux hommes et leur volonté de combattre. Mais les enquêteurs ne l'apprennent qu'il y a quelques semaines. Alors que le téléphone Sony a été saisi il y a déjà deux ans.

Les données du téléphone n'ont pas été analysées

Le 16 février, Brahim Abdeslam est entendu par la police locale de la zone Bruxelles-Ouest. Son téléphone est saisi, ses données copiées. Mais il ne sera jamais analysé car le dossier est classé sans suite, faute d'éléments probants.

Le téléphone égaré

Après les attentats du 13 novembre, le nom des frères Abdeslam prend une toute autre envergure. Les dossiers sont rouverts, tout doit être analysé. Mais le téléphone Sony Xperia est introuvable. Seule la copie est analysée, et rien de probant n'en ressort.

En février 2017, la conversation de juillet 2014 est extraite du mobile

1 an plus tard, soit le 9 novembre 2016, la police de Molenbeek retrouve le téléphone, perdu sous une pile de dossiers. Une nouvelle analyse est lancée, avec un logiciel plus puissant. En février 2017, la conversation de juillet 2014 est extraite de la mémoire du téléphone. Soit deux ans après la saisie de l'appareil.

Un dossier a été ouvert au parquet de Bruxelles pour élucider le mystère de la disparition de ce téléphone.

 

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